C'est l'heure du prouprou.

Episode 1 : American Horror Story, Glee, The New Normal

Quand y'en a plus, y'en a encore

Episode 2 : Dexter, Grey's Anatomy et Scandal

Episode 3 : Castle et 2 Broke Girls

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dimanche 30 décembre 2012

Do you have balls ? SIR YES SIR! - Dexter, Scandal et Grey's Anatomy (spoiler free)

Une séquence "Too Late To Apologize" s'impose, puisque pris par nos festivités respectives, N. et moi n'avons pu clôturer dignement le calendrier de l'anti-avent, qui aurait pourtant bien mérité un joli finish. En guise d'excuses, je vous présenterai en fin d'article une petite section "plaisir des yeux" qui, j'en suis sûre, détendra les plus mécontents.
Toutefois, aujourd'hui, nous parlons d'autre chose : de série télé! Car oui, nous n'avons pas oublié que nous ne devons pas uniquement discuter de chats, lapins et myopathes mais bien de ce que nous offre la télévision américaine. En ces temps troublés de rentrée 2012-2013, nous n'avons pas toujours pu vous aiguiller vers une nouveauté ou une autre car ma foi, bien souvent, elles étaient pourries. Ceci dit, avant de nous rabattre avec tout notre espoir sur la deuxième salve de pilotes qui arrivera sous peu, nous poursuivons sur notre lancée : le recensement des séries couillues, qui prennent leur scénario à bras le corps pour lui apprendre la vie avec le plus grand succès.


Dexter : ton meilleur ami

Aujourd'hui, je m'étendrais volontiers au sujet de la saison 7 de Dexter, mais j'ai bien trop peur de spoiler une âme innocente qui passerait par là et qui nous détesterait ensuite pour toujours : je me contenterai donc de quelques mots à son sujet. 
Il faut quand même saluer la performance, assez incroyable, réalisée par les auteurs de cette excellente série : si les choix des scénaristes ont pu sembler radicaux, ou trop faciles par le passé, en réalité chaque saison a la précision implacable d'un métronome. Les arcs narratifs qui se succèdent, toujours construits sans le moindre temps mort, font vivre le personnage principal sous une lumière toujours différente : chaque saison apporte une nouvelle facette à son caractère, lui permet d'évoluer. Toujours la boule au ventre, les entrailles saucissonnées d'un bout à l'autre de la série, le spectateur est partagé entre la peur et le dégoût mais il reste inexorablement fasciné par les péripéties de Dexter. Eh bien à mes yeux, la saison 7 de la série est la plus aboutie de toutes : sans tomber dans les pièges terribles qu'ils s'étaient eux-mêmes tendus en fin de saison 6, les scénaristes sont parvenus sans pirouette, sans se moquer du monde, à s'assurer une audience remarquable, toujours plus fidèle et, il faut dire, un brin hystérique. Dexter fait donc partie des réussites perpétuelles, une série sur laquelle on peut compter chaque année depuis sept ans pour ne pas tomber dans le travers de la daube maléfique : la huitième et dernière saison sera donc, sans nul doute, un beau feu d'artifice que j'attends avec impatience.


Shonda Rhimes : la grande coquine 

Scandal : celle qu'on n'attendait pas

Au pays des créateurs de séries, s'il y en a une qui a su se poser là, c'est bien Shonda Rhimes avec sa série fétiche, Grey's Anatomy. On lui passe le terrible échec de Private Practice, spin-off de la précédente, qui s'est malheureusement embourbée dans sa propre connerie dans un grand élan de douleur : Shonda nous est revenue, en 2012, avec une nouveauté intitulée Scandal, qui est vraiment une petite tuerie. Explications. (Mode envoyé spécial activé)

Le pitch : Olivia Pope, du haut de sa trentaine et de ses Louboutins, est LA personne à connaître à Washington. Elle a participé à la campagne du président, Fitzgerald Grant et largement contribué à son élection; désormais, elle tient un cabinet de gestion de crise, accompagnée de quelques bras cassés qui manquent cruellement de charisme. Tu as tué ta femme sans faire exprès alors que tu viens d'être élu? Pas de problème, Olivia et ses amis déplacent le corps et trafiquent les indices. La série peut donc se jouer d'un aspect feuilletonnant récréatif, soutenu en arrière plan par le véritable kif du scénario : Olivia et le président ont été amant et souffrent continuellement d'une passion dévorante, inassouvie, romantique, etc. C'est osé, c'est amusant, ça calme nos envies de soap opera, c'est de la balle.
Le trait de génie : une saison 2 en tous points excellente. Une intrigue bien ficelée, des mystères toutes les dix minutes, une tension redoutablement efficace sont au service de Scandal, que l'on attend avec joie chaque semaine. Les ambitions scénaristiques sont en parfaite adéquation avec les résultats obtenus : ni trop, ni trop peu, Shonda Rhimes a trouvé le ton juste pour une série très divertissante et de plus en plus intéressante. Au pays des échecs retentissants essuyés par les networks cette année, c'est plus que remarquable : c'est exceptionnel.


Grey's Anatomy : celle qu'on n'attendait plus

Véritable monument, Grey's Anatomy est passée par tous les stades : de l'émerveillement à la calamité en passant par l'ennui total, elle aura suscité toute la palette des émotions chez ses spectateurs. La saison huit, particulièrement, avait su rehausser le niveau : justesse de ton, d'écriture, finesse et efficacité étaient au rendez-vous. Jusqu'au final season. Et oui, car Shonda Rhimes n'a pas que des qualités : son amour immodéré du rebondissement la pousse, toutes les deux saisons environ, à nous défoncer le casting et les storylines à grands coups de machette aiguisée pour que l'on passe un été plongé dans l'angoisse et la souffrance. Bon. Chats en Série n'aime pas les rebondissements factices. Il n'aime pas non plus que l'on assassine des relations sans raison, pour le simple bonheur de provoquer un "oh bordel" scandalisé chez le spectateur, non non non. Alors le final de la saison dernière de Grey's nous a fait râler pendant environ un mois, pester à n'en plus finir contre Shonda et sa manie de la catastrophe surréaliste. Nous attendions également de pied ferme la saison neuf, qui a débuté en septembre, prêts à pleurer de consternation.

Et voilà, éclair de génie. Quelque chose que N. a su résumer élégamment en un "elle s'en sort bien, la garce".

Effectivement, cette saison est excellente : non seulement le bourbier infâme de la saison précédente est géré avec brio, mais la série peut se vanter d'un renouvellement particulièrement réussi. De nouveaux internes attachants, intéressants viennent densifier les rapports entre les anciens personnages, qui se repositionnent en souplesse dans un univers déchiré et recomposé. Les relations que l'on aime tant, telle celle de Meredith et Christina, gardent toute leur fraîcheur tandis que les nouveaux enjeux nous fascinent. Que dire, si ce n'est que l'année 2012 a bien été celle de Shonda Rhimes? Peut-être que l'on espère que cela pourra durer encore longtemps : personnellement, ça ne me dérange pas de passer encore des années à mater des beaux gosses s'éviter dans des ascenseurs...
Enfin, sur ces bonnes paroles, vous avez désormais trois séries à mater si vous êtes perdus dans le désert de la période de Noël, ce qui est déjà mieux que rien ; je vous quitte avec le bonus promis plus haut, j'ai nommé la séquence plaisir des yeux. 


Jesse Williams de Grey's Anatomy, on dit pas non

Matt Bomer : "Jamais sans ma chemise froissée qui moule mon torse humide"

Ryan Philippe aka la raison qui te pousse à mater la dernière saison de Damages...

Joyeuse Saint-Sylvestre!

jeudi 29 novembre 2012

RIEN NE VA PLUS - Un retour flamboyant, déferlant et sans aucune prétention, vraiment.

Quand vous êtes dans la panade jusqu'au cou, quand vous avez l'impression de creuser le fond de votre trou avec ce qui vous reste de votre trachée, vous vous retournez vers votre zone de confort, ce qui vous a protégé depuis minuscule lorsque rien n'allait aka les séries tv. Ainsi, après avoir lamentablement tué ma santé dans mes révisions de concours, plané sous cortisone à haute dose, sombré dans la plus haute alcoolémie que même un soldat des tranchées n'a jamais connu, essayé de sauver mon chat d'une mort certaine et avoir failli foutre sept milliards de baffes à l'ensemble des administrations de France qui estiment que vous n'avez plus droit d'être payé-malade-étudiant-propriétaire d'une voiture et d'avoir internet simultanément, vous vous tournez vers l'une des meilleures séries de la création, j'ai nommé Farscape

Farscape aka le pays où la vie est tout autant shakespearienne qu'un trip sous LSD



Ils font peur, ne vous inquiétez pas c'est normal

Écartons tout de suite toute controverse - tout autant avec W. qu'avec d'autres humains ou aliens - j'estime et j'affirme que Farscape supplante de loin Battlestar Galactica (version 2000), d'ailleurs tout autant surpassée par Babylon 5 alors que je n'en suis qu'à la première saison - Bob Dylan et des Cylons sexy ne suffisent pas à rattraper, à mes yeux, la connerie patente de Gaius Baltard et le nombre incalculable de baffes que j'ai eu envie de foutre dans la face à Starbuck (si d’aventure j’avais besoin de quelconques autres arguments je pourrais rajouter que Community et Futurama font référence à Farscape).

Farscape d’une petite série australienne sans prétention diffusée sur Syfy va devenir la série adulée par les puristes d'une branche plus fantasy de la SF qu'azimovienne. Le scénario use d'un angle d'attaque d'une simplicité extrême, un humain est transporté par hasard au cœur d'un vaisseau d'aliens, tout en ayant pour corollaire une complexification scénaristique concentrée sur la folie, digne d'une paire de boules de la taille de deux sacs de frappes de Captain America. Ainsi, le héros, John Criton va, aux cotés de la prêtresse Zahn - plante bleue humanoïde dont l'activité favorite est le photo-orgasme - du guerrier Kah Dargo, du voleur et empereur déchu Rigel - dont les traîtrises sont aussi répétées que ses pets à l'hélium - et de la Peacekeeper Aeryn Sun - élevée dans une société qui s'inscrit directement dans la continuité nazie - sombrer peu à peu dans la folie, créant ainsi une série profondément baroque, grandiloquente et d'une beauté émotionnelle transcendante. S'enchaînent amours, passions, trahisons, morts et guerres dans une incohérence à la cohérence redoutable. La beauté de Farscape pourrait se résumer à cette force qu'elle possède de vous transporter dans l'inconnu, de vous chambouler en permanence tout en vous portant au sein d’une sérénité dont l’ataraxie est présente en permanence.
La série portée par l’un des méchants les plus malsains et fascinants toutes séries confondues, tombe dans le shakespearien dès la saison 2, créant une dualité rarement aperçue dans un format tv, voire dans un format papier. La folie devient un personnage quasi à part entière du scénario, ce qui en soit répond à une logique féroce : que feriez-vous si vous pauvre pécheur d’humain atterrissiez au milieu d’un vaisseau vivant, rempli d’aliens prisonniers d’une société néo-nazis, sans jamais plus n’avoir contact avec vos amis, familles ou animaux de compagnie ? Ben Browder, acteur qui tient le rôle du héros John Crypton, transcende son rôle, rendant la folie palpable d’épisode en épisode, le tout exalté par des scénaristes qui se permettent des bijoux d’écriture en effectuant des épisodes honneurs aussi bien à Don Quichotte, Alice aux Pays des merveilles ou encore les Looney Toons.
La folie, ce compagnon de tout épisode, se dilue intégralement lors de la saison 3, qui, pour ma personne et quelques autres initiés, voire puristes, est l’une des plus belles créations que le petit écran ait connu. Toutes les folies sont permises, toutes étant au service d’une tragédie dans son sens le plus classique. La saison bouleverse votre sphère sensible de façon brutale, l’interprétation sauvage, dermique et douce à la fois d’une des actrices n’y est aucunement étrangère.
La série assassinée au cours de sa saison 4, initialement prévue pour cinq saisons, dut torpiller son intrigue pour espérer prodiguer à ses suivants une fin de saison satisfaisante qui se prolongea, toutefois, quelques années après sous la pression d’une communauté acharnée de téléspectateurs, grâce à un film, The Peacekeeper Wars.

D’aucuns diront que la série fait kitch, voire peu ragoutante parfois, ce à quoi je répondrais que ce kitch est en réalité un honneur aux monstres marionnettes présents dans l’ensemble des films d’horreurs des années 90, que deux des personnages principaux sont des marionnettes qui nécessitent chacune au moins cinq artistes pour les faire fonctionner - et que bon Jim Henson, le créateur de la série est celui du Muppet Show. En réalité, le pouvoir du beau ne repose pas uniquement dans sa capacité à charmer, émerveiller et sidérer, il s’incarne tout autant dans sa possibilité à effrayer, déranger et violenter son récepteur.

Farscape possède la force des violons, la sagesse de la folie, la beauté de l’horreur de son monde, l’émotion de personnages qui ne font qu’évoluer en permanence chacun selon leurs convictions propres et rarement pour un bien commun. Le manichéisme n’a aucune place en ce lieu intemporel qu’est Farscape dont l’une des principales forces est de s’imposer au-delà de son visionnage : plus la distance temporelle qui vous sépare de la série est grande, plus elle repose, vous incitant ainsi à appréhender la complexité de son message et la beauté transcendante de son cœur et ses âmes que sont respectivement son scénario et ses personnages.


Six Feet Under : Les croque-morts, c'est plutôt sexy


Faisons le point. Que s’est-il passé en ce mois de novembre ? En gros, j’ai fait quelques milliers de kilomètres, essuyé quelques galères administratives intergalactiques, bu quelques verres, raconté quelques conneries, traîné quelques heures dans les bouchons. Par contre, je n’ai pas pris beaucoup de douches chaudes –voire de douches tout court-, je n’ai pas regardé beaucoup de séries, j’ai pas mal dépéri, je me suis pas mal lamentée sur ma terrible tendance à procrastiner qui peu à peu, tirait Chats en Série vers le fond du seau des œuvres géniales inachevées.
Au milieu de ce marasme parfaitement novembresque, dirais-je, deux ou trois trucs m’ont sauvé la vie et en matière de séries, je vous le donne en mille, ce n’est PAS la quatrième saison de The Vampire Diaries qui a remporté la palme, non non non.

Seriouslyyyy

NON. La seule vraie série qui dans ta vie fait une belle différence, c’est Six Feet Under, et ce que j’aime particulièrement au delà de la regarder pour la cinquième fois en entier, c’est  de contribuer à la faire découvrir à quelqu’un, observer ses réactions à chaque début d’épisode devant les scènes de mort tour à tour hilarantes, déprimantes, absurdes. A chaque fois, ou presque, la magie opère : Six Feet Under peut conquérir n’importe qui. Pour moi, ce qui prouve que c’est ma série favorite pour toujours, c’est que j’ai beau connaître les épisodes par cœur, je trouve toujours un sens nouveau aux événements ; cette série s’appréhende différemment en fonction de son propre vécu, du contexte dans lequel on la regarde.

La première fois que j’en ai entendu parler, j’étais plus ou moins un bébé de 15 ans ; je lisais un magazine hautement scientifique de type « Series TV Mag » et je suis tombée sur un encart parlant de SFU. Interpellée par le titre ô combien sexy, quand même, et plus ou moins fana de surnaturel, je me dis qu’il y a peut-être quelque chose à palper et je lis le petit paragraphe. Je vous le dis : on a jamais vu un pitch aussi repoussant que celui-ci, a tel point qu'il s'est gravé dans mes souvenirs. « Six Feet Under raconte le quotidien d’une famille de croque-morts à la suite du décès de Nathaniel Fisher, le père et directeur de la maison funéraire ». Ah bon ! Voila une intrigue qui promet rebondissements et sexytude…
Pour finir, un jour, j’ai regardé la saison 1 de Dexter ; j’aimais bien Michael C. Hall, je me suis dit, bon, regardons ce qu’il a fait avant. Alors j’ai vu le pilote de SFU, et là, j’ai fait un AVC de bonheur puis j’ai acheté l’intégrale.



Pourquoi ? Parce que Six Feet est une incroyable histoire : on a rarement dépeint à la télévision l’être humain avec un tel réalisme, une telle vérité. Tout y est beau, parfois triste à crever, parfois terriblement drôle, parfois long, parfois trop court avec en fil conducteur, cette expression calamiteuse : « tout ce qui naît meurt ». En cinq saisons, si tu ne l’avais pas compris avant, on t’explique que rien n’a de sens, que tout risque de s’achever dans la douleur, que le changement est inévitable : Alan Ball prend ses nouilles à deux mains, écrit des mots merveilleux pour un casting d’une excellence à pleurer et il te parle gentiment de la mort et du temps qui passe.
On pourrait penser, on pourrait me dire, « hum, c’est déprimant ton truc » et je pourrais répondre « fuck off », mais la vérité, c’est que parler de choses terribles avec un ton simple et de super fondus enchaînés au blanc rend la vie plus belle, plus lumineuse, plus compréhensible, plus facile à supporter.

Sérieusement, qu’est-ce qu’on peut redire à ça ?

W., attend Spike de pied ferme


N., wzzzzioum, wzzzzioum


vendredi 28 septembre 2012

Pour la rentrée on fait pas nos sucrés : Le petit guide du téléspectateur en eaux troubles (II)

Quand on est pressé, on est souvent maladroit et ridicule ce qui régulièrement suscite le rire chez les personnes qui nous observent; nous risquons donc de vous faire marrer en vous proposant ce petit guide de la rentrée des séries à suivre (histoire de compenser notre vindicte coutumière). Un article qui n'est pas écrit à l'arrache du tout : exposer les raisons de notre sélection avec des phrases nous a de toute façon semblé superfétatoire, nous préférons donc fabriquer une série de portraits chinois. 

AH OUI, sinon, comme vous nous aimez, kiffez, faites l'amour tous les jours (et que peut être si on est gagnants vous aurez des dessins dédicacés par nos belles pattes de minous), il faut voter ici :



Voilà c'est bien ... 

mercredi 29 août 2012

Il fait beau aujourd'hui tu ne trouves pas? - Spécial Vacances

Les vacances touchent à leur fin, nos "Il fait beau aujourd'hui tu ne trouves pas ? (IFBATNTP) "spécial vacances" aussi : fini les crises de nerfs, les voyages aux Etats-Unis et les guests à gogo. Mais avant, nous profitons encore des ces instants Voici/Gala/Paris Match en vous proposant nos classements de l'été. Enjoy.



mercredi 8 août 2012

Il fait beau tu ne trouves pas - Spécial Vacances 2 : Opération Coup de Poing dans tes Nouilles



Il fait chaud. Sans blague...En tout cas, chez nous, il fait chaud; les cheveux nous collent au front, les vêtements nous collent aux fesses, l'humidité de l'air nous colle à la peau. On ne se comprend plus quand on se parle, et c'est sans compter Shy'm et Batman (Batnouille pour les intimes). Qu'on se le dise, N. et W. sont en galère, N. et W. en ont marre. Bon, niveau modestie, ça va toujours.
On en a tellement marre que la semaine dernière, on s'est dit dans un scandaleux élan de bonne humeur qu'on allait transformer notre billet hebdomadaire en road trip américain : c'est l'été, on rigole, alors on fait le tour des villes les plus chouettes en racontant des histoires rigolotes. SUPER.
A ce stade de l'affaire, vous avez peut-être compris si vous êtes intuitifs qu'on a décidé d'envoyer BOULER la suite du road trip : exit Los Angeles, Southland, Six Feet Under et Angel, que tout le monde aille se faire empapaouter, le soleil, les vacanciers, les Américains, les catégories hebdomadaires! 
Aujourd'hui, Chats en Série a décidé de vous parler de quelque chose de très important : ce qui ne va pas dans la vie et notamment dans le petit monde mégalo des séries américaines. 
Il faut bien dire que râler nous va mieux au teint que la fan fiction expéditive, alors, qui sait, peut-être que maintenant, le mercredi, ce sera pamphlet et non spaghetti, bordel.


Gueulante numéro 1


Il SUFFIT de prolonger des séries qui n'ont pas lieu de l'être. Là, c'est dit, il y en a ras la casquette de ces séries que l'on laisse désespérément crever sur de longues, LONGUES saisons alors qu'elles méritaient une fin, sinon rapide, du moins honorable alors que l'on nous annule sans façons Detroit 1-8-7, ou, dans un registre un brin guilty, Ringer. Non, mais c'est vrai, à quoi ça rime? Smallville n'a pas suffi? Cette pauvre série, tout à fait acceptable dans ses trois premières saisons, n'a fait que douloureusement souffrir et peiner sur DIX saisons, abattant tout concept de cohérence par rapport au background de Superman, pourtant au départ bien respecté. Eh bien, la CW n'apprend pas de ses erreurs, car Supernatural, dont nous vous avons déjà touché un mot lors de la dernière cérémonie de remise des minous, aurait bel et bien dû s'achever en saison 5. Vous le savez certainement, le créateur de la série avait prévu un arc narratif sur cinq saisons, qui s'est déroulé à la perfection et a fait la joie des chats fous de série que nous sommes : si vous n'êtes pas à jour, si vous n'avez jamais vu Supernatural, je ne saurais trop vous conseiller de regarder tous les épisodes jusqu'au cinq dernières minutes du final de la cinquième saison. Tenez-vous en à ça, car sinon, vous vous retrouvez comme nous, deux saisons plus tard, dégoûtés, vomissant presque de douleur, face au déclin d'une série qui mettait le fantastique à l'honneur de façon géniale et qui, à l'heure actuelle, n'est plus qu'un erzatz de Vampire Diaries. Oui. Et si la gueulante date d'aujourd'hui, c'est que nous avons appris cette semaine que les frères Winchester étaient contraints de rempiler jusqu'en saison 10...Enfer, damnation et chapeau pointu, bordel. 
Dans le même registre, Dexter a assommé ses fans fin saison cinq ; Michael C. Hall lui même pensait au départ que le show ne devait durer qu'une seule saison...La saison six a su rattraper l'échec, et donner un léger espoir pour les deux suivantes annoncées; mais loin de profiter du répit durement gagné, voilà que les showrunners parlent de ne pas conclure la série en saison huit, mais d'enquiller une neuvième saison...Pourquoi s'acharner à dégommer ce qui est bon? Pourquoi ne pas reconnaître qu'un concept a fait son temps, qu'une série peut rejoindre le rang des bienheureuses intégrales en DVD sur nos étagères? Trêve de dents qui rayent le parquet, trêve de soif de pognon, bon dieu! Messieurs, vous avez les yeux plus gros que le ventre et avant que vous n'ayez le temps de dire "fail", vos audiences côtoieront les pâquerettes de Laura Ingalls au rayon "daube des années 2000". Tenez-vous le pour dit.  

Gueulante numéro 2 :

Vos étés sont surement synonymes de monokinis, débardeurs et autres maintien de balls, déjà sachez que vous faites fausse route et ensuite apprenez que le nôtre rime joyeusement avec boulot et préparation de concours. Du coup au travers des vitres design de nos bureaux et bibliothèques nous songeons à notre devenir et surtout à nos passés, à comment nous sommes parvenus à travailler un été pour des jobs et des rêves qui ne sont pas les nôtres. Toutes considérations narcissiques et réalistes mises à part, nous avons obtenu nos réponses en un bouc émissaire judicieusement et objectivement selectionné : le TEEN DRAMA. Véritables fléaux scénaristiques et déclencheurs de suicides pour adolescents, cette vision sublimée de l'adolescence et de l'université a suscité chez nous comme chez d'autres poupons ignares et naïfs à la fois, des frustrations de la taille du Nevada (lieu où aurait du se dérouler cette chronique pour le bien de vos mirettes, ce qui n'est pas le cas et ce qui, indubitablement, crée en vous un sentiment de frustration similaire au nôtre (souci de réalisme quand tu nous tiens)). Ainsi jeunes et fringuant collégiens que nous étions, nous nous hasardions à rêvasser sur nos années lycée et notre référent visuel c'était ça :





OUAI, One Tree Hill, les Frères Scott pour les francophones que nous sommes. Enfer et damnation, le jour où nous avons posé peton au lycée : déjà nous ne faisions en rien 1m82, nous n'étions ni musclés et ni pourvus d'une poitrine inversement proportionnelle à notre taille, bref, on ne s'était pas échappé du vogue summer 2003 - et personne ne l'était. Puis nos vies étaient essentiellement parsemées de révisions, prises de têtes parentales et séries tv, en rien nous n'avons eu 7 ou 8 naïades dans nos lits, enregistrés un single ou aperçu des adolescents beaux, artistes, torturés et musclés : non, Peyton et Lucas n'existent pas, non. La première couche de frustration passée, tous nos espoirs se sont portés sur la faculté - on était vraiment, vraiment teubés et sans discernement à l'époque. Buffy, Smallville et autres Gossip Girl nous ont fait rêver de Harvard, Berkerley ou Yale, de campus verdoyants qui transpercent l'horizion, de la vie universitaire funky remplie de confréries et de parties sillonnées de gobelets rouges à bière, et bien sur d'un défilé Prada dans nos lits. Que nenni. On ne parle même pas de nos possibilités de carrières professionnelles avec lesquelles nous leurrent les teen drama, si nous avions su que l'université française s'apparentait plus a celle de Greendale qu'à celle de Yale, nous y serions allés sans aucune expectative hormis celle de se marrer, et nous ne serions certainement pas a faire les glands par un été suffocant dans des établissement publics, envahis par nos frustrations et nos espoirs. Bref, le Teen drama ou la cause des avenirs prometteurs brisés de plusieures générations pour les intimes, mérite d'être brûlé vif ou regardé avec un regard lubrique tout au plus, soyez prévenus.



W., ambiance rombière

N., un brin mégalo




dimanche 29 juillet 2012

Dans l'oeil du chat - Déjouer les jeux : les acteurs au coeur des séries




Par Eva Sautel 

« J’ai vu Perceval sur un plateau télé », « Don Draper est l’homme le plus sexy du monde »… Depuis nos petits fantasmes jusqu’à la folie de certains fans, qui vont jusqu’à insulter ou traquer dans la rue les acteurs, qu’ils confondent avec leurs personnages, nous oublions parfois de remarquer que derrière les personnages de nos séries préférées se cachent des acteurs au travail.
Ci-dessous un petit zoom sur la façon dont la qualité d’un jeu d’acteur peut influencer, en bien ou en mal, une série toute entière, à travers quelques exemples.


Des paris risqués : les grands héros





La question du jeu d’acteur se pose tout particulièrement lorsqu’une série est construite autour d’un personnage ultra-central, pilier de l’intrigue et sur lequel repose tout l’esprit d’un programme. Dans ce cas, le casting puis la direction de l’acteur principal est un véritable défi pour la production et pour la star, sur qui repose une très forte pression.
S’il est impossible de citer ici tous les acteurs qui ont réussi ce difficile exercice, on peut toujours se permettre un petit coup de projo – au hasard – sur mes deux préférés.
Toni Colette, l’actrice principale de la série United States of Tara, interprète une héroïne en lutte contre un trouble de la personnalité multiple, nous offre une véritable leçon de comédie tout au long des trois saisons. En une simple micro-expression, une voix changée, elle passe d’une personnalité à une autre en un rien de temps et avec une subtilité sans pareille.
David Tennant est le deuxième exemple, le genre d’acteurs dont il faudrait faire des cadres et les afficher au-dessus de son lit. Il est, de plus, un magnifique cas d’étude du « et-s’il-avait-été-joué-par-un-autre » puisque Doctor Who, la série britannique dans laquelle il a exercé son génie, repose sur le principe du rôle tournant : le héros, disposant de plusieurs vies, régénère son corps à chacune de ses morts. David Tennant est ainsi le dixième acteur à avoir interprété le rôle du l’extraterrestre fou, de 2005 à 2010 et le moins que l’on puisse dire est qu’il inondé le rôle de son charisme et de son talent. Son départ, en 2010, a suscité une vive émotion et créé un vide que son successeur, Matt Smith, a bien du mal à combler. Ci-joint ma scène préférée, au cours de laquelle David Tennant révèle toutes les facettes de ce personnage complexe, ultra brillant, fou, et d’une extrême sensibilité. Une véritable leçon d’interprétation :



Mais parce qu’on ne peut pas se contenter de jeter des fleurs, rappelons que le format « ma série tourne autour d’un personnage » présente aussi de gros risques pour l’acteur star. Un exemple de pari perdu : Dexter, où l’on voit avec tristesse le pourtant excellent Michael C. Hall se débattre avec un rôle trop mis en avant, ayant réduit son jeu d’acteur à une voix étrange et une totale absence d’expression faciale. 


Too big for my part : les pépites dans les séries collectives



Il n’y a pas que dans les rôles de star que l’on repère les acteurs de qualité. Bien souvent, il est même beaucoup plus intéressant, pour un acteur, de s’épanouir au sein d’une série chorale, en élevant un simple rôle au rang de trésor imprévu.
On peut citer ici deux exemples d’interprètes splendides, ayant particulièrement réussi à tirer leurs épingles d’un jeu collectif dans des séries aussi excellentes que The West Wing ou The Tudors, où ont respectivement excellé John Spencer et James Frain dans le même exercice : le second rôle et plus précisément le bras d’un puissant homme politique. Risquant à tout instant de se faire étouffer par l’acteur principal, les deux hommes ont trouvé dans la retenue toute la puissance de leurs personnages respectifs.

Dans The Tudors, James Frain, interprète un merveilleux Thomas Cromwell, ministre du roi Henry VIII ayant organisé la réforme protestante : un personnage tout en réserves et subtilités parfaitement maîtrisées par ce prince de la micro expression. On vous montre ici la magistrale scène de son exécution : parmi la ribambelle de décapitations qui rythme l’intrigue, James Frain sort ici son épingle du jeu en livrant une prestation impeccable.




Un autre exemple de rôle sublimé : celui de Leo McGarry, le Directeur de cabinet du Président des Etats-Unis, dans The West Wing. Le duo fonctionne parfaitement, dans la complicité, la chamaillerie ou le franc affrontement entre les deux hommes. Bien sûr, Martin Sheen, dans son style excentrique, campe un très bon président. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’admirer l’interprétation de son partenaire, le regretté John Spencer, dans un rôle plus difficile car tout en retenue, classe et fermeté.

Voilà un acteur qui ne joue pas à l’œil nu. Il imprègne  dans le coin d’un sourire, dans un lever de sourcil, toute la psychologie du personnage.

Mais, si le format chorale permet souvent l’épanouissement des acteurs, il présente aussi un risque de taille : un acteur volant l’écran des autres, comme c’est arrivé à la série Urgences (E.R.). Devant la qualité du jeu de Maura Thierney, qui interprète Abby Lockart à partir de la saison 6, les scénaristes tendent à développer le personnage, si bien que la série se transforme rapidement en Abby-land, tandis que sa force résidait justement dans sa choralité.


Créer son propre personnage



Dernier cas d’étude de nos parcours de rôle : les acteurs dont l’interprétation a visiblement inspiré les auteurs et ainsi, fait évoluer leur propre personnage au cours de l’intrigue. On citera ici deux acteurs ayant réussi cette prouesse, l’un pour une réussite totale et l’autre de façon très décevante. Et histoire de comparer ce qui est comparable, prenons pour cobayes deux rôles à peu près similaires, au départ : Abed Nadir, interprété par Danny Pudi dans Community, et le désormais culte Sheldon Cooper, campé par Jim Parsons The Big Bang Theory. Les personnages, en effet, se ressemblent : deux hommes intelligents, brillants et présentant tous les symptômes du syndrome d’Asperger. Tous deux interprétés par d’excellents acteurs, ils tendent à prendre de plus en plus de place dans le groupe d’amis qui constituent les personnages de la série.
Pour Danny Pudi, pas de doute, c’est un véritable succès. En vérité, les mots ne suffisent pas à décrire à quel point cet homme est brillant et son talent épanoui dans cette série. L’acteur, capable de tout jouer, trouve dans ce rôle l’opportunité d’exploiter toutes ses capacités. Et plus l’acteur réalise de prouesses, plus les auteurs lui trouvent de nouvelles métamorphoses à opérer. Le personnage d’Abed, passionné par la pop culture et toujours enclin à personnifier ses références, permet en effet autant de fantaisies que l’imagination n’en offre. Quant à Danny Pudi, on n’a jamais vu ça !



Pourtant, méfions-nous, car un bon acteur n’est pas gage de qualité. Il peut aussi arriver que, pris dans l’euphorie du succès, les auteurs viennent à développer excessivement les traits d’un personnage. C’est le cas dans The Big Bang Theory, où le succès de Sheldon Cooper semble avoir rendu tout le monde complètement fou. Emballés par le talent de Jim Parsons, les auteurs tentent, à partir de la saison 3, d’accentuer le trait mais ne réussissent qu’à faire de lui une caricature : tantôt un robot, tantôt un enfant. Quant à l’acteur (est-ce bien sa faute ?) il tombe dans le sur-jeu, caricaturant honteusement ce qui le rendait brillant au début de la série.

On l’aura compris, le travail d’un acteur compte au moins autant que la structure ou les dialogues d’une série, car la construction d’un personnage n’est rien sans un bon interprète, sans oublier qu’un mauvais peut tout faire échouer…

Eva Sautel

Eva Sautel a publié Les Postes Restantes chez l'Harmattan en 2012, collection Écritures. 

mercredi 4 juillet 2012

Il fait beau aujourd'hui tu ne trouves pas ? - Semaine du 4 Juillet

Aujourd'hui nous sommes quelque peu l'Assemblée Nationale, on porte un regard critique et acerbe face au grand oral de deux nouvelles séries : The Soul Man et Anger Management., séries qui cumulées en minutes ne dépassent même pas la longueur du discours de notre nouveau premier ministre, c'est fou. 

Anger Management :



FX c'est la chaîne qui monte et surtout la châine pour laquelle je possède un intérêt certain : la présence de Justified (sur laquelle un magnifique article a été écrit ici, je vous le rappelle) et, à moindre échelle, American Horror Story aidant, clairement, à cela.  Lorsque j'ai appris qu'une nouvelle série débarquait sur son réseau je me suis dit youpi, lorsque j'ai su que c'était Charlie Sheen à sa tête, je me suis dit bordel.
Pour info, Charlie Sheen c'est lui :


Charlie Sheen ou le mec qui rate son salut hitlerien pour cause d'alcoolisme




Minou I want to kill myself with a bullet
 right in my head coz it's so full of crap
 qu'on dirait Josephine l'ange gardien
Et clairement, je suis en berne pour la FX car c'est un mauvais acteur ...
Mauvaise foi et choix de la photo mis à part, la raison pour laquelle j'estime que Charlie Sheen est un handicap pour la chaîne est simple :  je ne peux pas blairer sa gueule (je suis à mon maximum de politesse là). Ainsi, si je ne pars pas du tout, du tout; avec un regard biaisé lorsque je déclenche le pilot de Anger Management, je suis toutefois d'une honnêteté sans faille. L'histoire est simple : Charlie Sheen essaye de faire du buzz en faisant une série sur ses accès de colère sous couvert d’auto-dérision ; là où il nous ment, alors que, je le rappelle, je suis d'une honnêteté sans faille, c'est que d'une il est sobre durant tout l'épisode et que deux il gère ses problèmes de colère et ceux des autres. Faut pas nous prendre pour des pignoufs quand même. Si vous aimez Charlie Sheen n'hésitez pas, cependant revoyez vos goûts à la hausse je vous en prie.





The Soul Man 





Minou I want to kill myself with a bullet
 right in my head coz it's so full of crap
 qu'on dirait Josephine l'ange gardien
Ainsi, comme si la merveille Anger Management ne suffisait pas cette semaine, je me suis infligé le visionnage de The Soul Man. En dehors d'être une chanson dégueulasse d'un mec avec des bretelles, c'est aussi une série surannée et totalement pourrie. A sa tête une figure de la comédie américaine, selon IMDB, wikipedia et consort mais clairement pas dans mon coeur. La série ne voulant pas totalement refaire le Cosby Show, a changé le héros en ancienne Star du RNB reconverti en pasteur, la femme filiforme de Cosby en mama aux gros boobs et la ribambelle d'enfants par une fille unique pourrie gâtée mais avec un coeur gros comme ça, et un frère insupportable dont l'humour s'avère essentiellement concentré sur les postérieurs féminins et la bière. J'ai relevé sur vingt longues minutes d'épisode une seule et unique blague à peu près potable : celle où les fidèles sont payés par le révérend pour aller au salon de sa femme. TV Land (la chaîne qui produit la série) a voulu réitérer, ici, le coup de coeur qu'elle a provoqué avec Happily Divorced l'année dernière : une star à la tête d'un show pour charmer le téléspectateur. L'essai s'avère foiré vu que l'on se retrouve avec un croisement entre 7th Heaven, un mauvais Cosby Show et une pub pour le riz Uncle Ben's, monstrueux donc. Pour le coup la série n'a ni le génie de Da Vinci, ni l'aura de Guevara et j'ai clairement pas la patience de ma banquière pour la supporter (vraiment ces paroles sont à se pendre, preque autant que cette conclusion). 




Le ronron de la semaine : Dexter, saison 6 (spoiler free!)




Contrairement à N., j'ai plutôt passé une bonne semaine niveau séries puisque j'ai enfin décidé de regarder la saison 6 de Dexter, diffusée entre septembre et décembre 2011. Pourquoi une telle attente? Principalement parce que l'issue de la saison 5 m'avait déçue : j'avais plus ou moins décidé que Dexter devait s'achever à ce moment là, l'arc narratif de la saison s'y prêtant d'ailleurs remarquablement bien. Quelle n'a pas été ma surprise de constater que Showtime se transformait en machine à pognon et renouvelait la série, pour TROIS saisons! J'avoue avoir été un peu blasée car Dexter est à côté de ça l'une de mes séries favorites. Une fois dépassé mon caprice, j'ai dévoré en l'espace de quelques jours la douzaine d'épisodes de la saison et je me permettrai ici de lever les deux pouces en criant "BOOYA" haut et fort : c'était de la balle.
Il s'agit d’une saison plus douce que les précédentes : le symptôme premier d'un visionnage de Dexter, c'est à dire la trouille constante , les entrailles tordues à l'idée que quelque chose ne vienne bouleverser son quotidien ou le rituel d'un meurtre, ce symptôme est bien moins présent. C'est chouette pour mon appareil cardiaque et ça n'enlève rien à la qualité du suspens, car l'angoisse est plus diffuse : on se demande un peu, tout au long de chaque épisode, s'il ne va pas nous tomber un pavé sur le coin de la gueule tandis qu'on est confortablement installé dans cette nouvelle ambiance...
L'arc narratif est à la fois suprenant et très évident : il s'agit cette année de la quête d'une spiritualité, des enjeux de la foi, de l'absolution. Tandis que Miami subit les assauts d'un duo de tueurs persuadés d'être les témoins de l'Apocalypse à venir, les tableaux macabres à couper le souffle se succédant, le tueur en série le plus cool du monde s'interroge. Dexter peut-il comprendre les tenants et aboutissants altruistes d'une religion en dépit de son Dark Passenger? Faut-il croire en quelque chose, faut-il transmettre des idéaux à nos enfants? Surtout, la foi peut-elle remettre Dexter sur le droit chemin? La prégnance de la religion dans les mentalités américaines laisse craindre en début de saison que l'on ne s'engouffre dans le tunnel des lieux communs auxquels les séries nous ont habitués, mais en fait, le débat devient rapidement intelligent et intéressant : le fait religieux devient un acteur à part entière dans l'intrigue de la saison et lui confère une profondeur qui n'existait pas lors des saisons précédentes.
Finalement, cette saison n'a rien à envier aux meilleures saisons de Dexter : les nouveaux enjeux parviennent à nous tenir en haleine (au bout de six ans, quand même), tandis que les mécanismes traditionnels fonctionnent toujours à merveille. Si d'aventure vous avez quand même besoin d'être convaincus, comme moi, de voir cette saison 6, je dirais sans spoiler aucun que le dernier épisode saura vous réconcilier avec le final de la saison 4, l'horreur de la saison 5 et peut-être même le quinquennat de Sarkozy.

N. qui tâte du stick


W. qui s'embourgeoise