C'est l'heure du prouprou.

Episode 1 : American Horror Story, Glee, The New Normal

Quand y'en a plus, y'en a encore

Episode 2 : Dexter, Grey's Anatomy et Scandal

Episode 3 : Castle et 2 Broke Girls

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dimanche 8 juillet 2012

Veep : Le président des Etats-Unis, ce gros bâtard

C'est elle qui porte le chapeau. Plus ou moins.


Depuis le mois de septembre 2011, nous mettons un point d'honneur à renseigner notre infini lectorat sur chaque nouveauté que nous offre la télévision américaine. Daube après daube, surprise après surprise et parfois, merveille après merveille, chaque pilote a fait l'objet d'une critique : délirante lorsqu'on était confronté à The Client List ou dithyrambique face à Boss, notre analyse s'est rarement faite attendre. L'exception à la règle, car il en fallait bien une, concerne la dernière comédie diffusée sur la chaîne câblée HBO pour la saison 2011 / 2012, j'ai nommé Veep. Le pilote est paru le 22 avril dernier. Entre temps, la saison s'est achevée et mes amis ont pu me voir, étonnés, m'exciter tel un moustique au sujet de cette série formidable alors qu'elle ne figurait toujours pas sur ce blog ; mon partenaire, N., m'a régulièrement relancée d'un "Veep se porte bien?", recevant tantôt un prometteur "j'aurais l'article dans deux jours" et tantôt un vil "elle t'embrasse" en retour...Entre temps, donc, je n'ai rien écrit. Pourquoi? Parce que Veep est une série très particulière : dès le pilote, elle m'a fait rire aux éclats, mais je ne savais pas quel ton adopter pour en discuter car à mes yeux, en ce qui concerne cette comédie, l'heure n'est pas à la blague. D'ailleurs, comme cette inhabituelle introduction de type "je te raconte ma vie un soir de décembre" vous permet surement de le constater, je me trouve toujours dans une impasse! Quoi qu'il en soit, on est dimanche, mon chat est occupé à ensevelir mes chaussures de ses poils, mon cher et tendre beugle avec ses potes en jouant à Diablo, je n'ai plus rien à lire et la pression a atteint son paroxysme : ma conscience professionnelle de blogueuse a dépassé le stade de l'insouciante procrastination, aussi mets-je de côté mes scrupules inintéressants pour vous parler de Veep, cette merveille.



L'envers du décor

L'enjeu le plus évident de la série, c'est la description cynique qu'elle fait des arcanes du pouvoir. Chaque épisode de trente minutes est réalisé à la manière d'un mockumentaire, c'est à dire d'un reportage dépourvu d'objectivité et prenant le parti de tourner en dérision ce dont il traite. Veep est une sorte de laboratoire d'études : le spectateur observe de très, très près le cabinet politique entourant Selina Meyer, la vice présidente des Etats-Unis. Mise en scène sur mise en scène, crise après crise, la caméra traque les faiblesses, les "off" d'une équipe qui ressemble toujours plus à une bande de bras cassés.
Selina, incarnée par la magique Julia Louis-Dreyfus, est une personnalité politique rodée et elle s'entoure, pour gérer les mille tourments d'une vie publique à la fois annexe et intense, de plusieurs personnages hystériques, ambitieux ou cyniques, mais surtout très humains. Il y a Gary, qui lui est entièrement dévoué : il peut aussi bien aller lui acheter des tampons que mémoriser la biographie d'une centaine de personnes pour assurer les arrières de Selina lors d'un gala. C'est son meilleur allié, mais il est l'objet d'incessantes moqueries de la part de ses collègues pour son côté benêt, son absence de mordant et il est difficile de les blâmer. 




Amy est ainsi très différente : la gestion des relations publiques du cabinet vice présidentiel est tout ce qui compte à ses yeux. Toutefois, elle a beau être greffée à son Blackberry, elle n'est pas à l'abri des gaffes et les ennuis ne cessent de lui pleuvoir sur le coin de la figure : Selina recrute alors Dan, un requin, qu'Amy déteste profondément. L'arrivée de ce personnage pour lequel le networking est une religion chamboule le système bien réglé qui régit le monde de Selina, pour le meilleur parfois mais surtout pour le pire. Les failles dans la cohésion de l'équipe et la malchance chronique de Selina créent un climat fascinant d'improvisation, de ratés, de calamités diplomatiques. Le spectateur a ainsi la nette impression d'assister à l'atelier du gouvernement, il est dans les coulisses et peut comprendre comment se goupillent toutes ces déclarations, visites officielles et parfois scandales que nous connaissons tous. Il y a là donc le dessin d'une activité politique bien souvent menée par des baltringues, empreinte d'amateurisme, ce qui n'enlève rien au rythme très soutenu des épisodes : un combo très accrocheur, qui fait de Veep une sorte de pendant frais, joueur mais intelligent de séries fort sérieuses telles que Boss.



Sue, did the President call?

Dans les séries, il existe des running gags plus ou moins bons; la même plaisanterie répétée épisode après épisode n'est pas toujours des plus heureuses mais ce n'est pas le cas ici. Selina demande tout au long de la saison à Sue, sa super-secrétaire : "Sue, did the President call?" et celle-ci, invariablement, répond "No". Le ton de Selina est de plus en plus amer, ironique ou triste, tandis que la réponse est toujours plus sèche, empreinte d'une consternation grandissante. Car Selina a beau être au top de la chaîne alimentaire gouvernementale, il ne faut pas manquer l'essentiel : devenir vice président signifie avant tout que l'on n'a pas su devenir président. Etre numéro deux, découvre-t-on, est encore plus triste que d'être dans l'opposition : le candidat défait à l'élection présidentielle peut trouver refuge dans le dénigrement de la politique gouvernementale, tandis que le numéro deux, le vice-président, n'a tout simplement pas ce luxe. Selina navigue ainsi en eaux troubles : elle n'a aucune amitié pour Potus, le président -que l'on ne voit jamais- et prétend mener une activité politique de premier plan quand il ne lui reste que les miettes qu'il veut bien lui laisser. Il existe une indéniable concurrence, car le président fait tout, veillant à publiquement renvoyer une image de bonne entente, pour cantonner le rôle de Selina dans un cadre bien précis qui ne doit jamais empiéter sur l'aura de la première dame des Etats-Unis ; la vice présidente tâche, de son côté, de mener à bien les projets qui lui tiennent à coeur.




C'est là qu'on mesure toute la portée critique de la série : l'agitation constante qui anime le petit monde de Selina contraste profondément avec l'objet de son empressement. Dans l'épisode deux, la Veep doit se rendre dans un magasin qui vend du yaourt glacé (oui, les Américains bouffent n'importe quoi) pour en rencontrer les propriétaires, puisque ceux-ci ont eu la gentillesse de nommer un parfum après elle. La futilité initiale de la situation prend un tour très différent lorsque Selina apprend que le président serait en train de faire un infarctus en Afrique : exit les yaourts, sourires et poignées de mains, elle est guidée jusqu'à la cellule de crise de la Maison Blanche. Tandis qu'elle peine à prononcer quelques mots de compassion pour Potus, dissimulant mal son sourire triomphant, tout le monde sent arriver la catastrophe qui ne tarde pas à se produire : Potus était seulement affligé de brûlures d'estomac et se porte comme un charme. Selina retourne à ses yaourts et tombe soudainement malade, risquant à tout moment de vomir le frozen yoghurt portant son nom sur le sol du magasin...Cette description à la fois tordante et cynique d'une journée traditionnelle de la vice présidente des Etats-Unis donne le ton en ce début de saison : la honte et le désarroi seront l'apanage de Selina. Celle qui avait l'ambition d'être le fameux "leader du monde libre" se voit réduite à l'introduction de couverts en plastique dans les cuisines de la Maison Blanche, s'inquiète d'un futur "hurricane Selina", visite des écoles pour chanter avec des maternelles...On voit bien que tout est politique, même les serviettes en papier, mais on sent tout autant qu'on est loin, très loin de la politique pour laquelle Selina s'est engagée au départ.



Selina ou l'érosion politique

En huit épisodes, on passe d'une comédie enlevée au récit douloureux de l'échec d'une carrière politique, car plus le temps passe, plus les problèmes personnels et l'égocentrisme de Selina jouent en sa défaveur. Un lapsus fait d'elle une raciste et c'est la débandade : les surnoms les plus vicieux se multiplient sur le web, son décret phare sur les "clean jobs" est foutu au placard tandis que sa nouvelle mission est d'apporter son soutien aux victimes de l'obésité...Tandis que sa vie de famille fout littéralement le camp, "Meyer The Liar", "The Wicked Witch of the West Wing" ou encore "The Batcave" est en chute libre dans les sondages de popularité, ce qui enclenche un cercle vicieux des plus efficaces car le président se détache d'elle, lui confiant des tâches toujours plus ingrates qui affaiblissent plus encore son image.




Finalement, Veep parvient à prendre une tournure tragique : la volonté de Selina d'atteindre les sommets n'a d'égale que le terrible échec de son mandat, dont on perçoit difficilement l'issue en fin de saison. Le dernier épisode -qui est excellentissime, déjà- permet aux personnages d'atteindre le paroxysme de leurs travers : la manipulation de l'opinion, qu'Amy, Dan et consorts pensent maîtriser comme une petite cueillère est plus que jamais d'actualité pour tenter une dernière fois de redorer le blason de Selina dont plus personne ne veut entendre parler. S'enclenche rapidement un jeu dangereux auquel l'équipe toute entière risque de perdre l'ensemble de ce qu'elle a réussi à construire. La saison s'achève ainsi dans un chaos dont notre expérience des séries et de la vie politique nous enseignent qu'il est provisoire, mais il n'en est pas moins sidérant. 




S'il me fallait donc résumer Veep en quelques lignes, je dirais pêle-mêle que cette série a pour elle un langage absolument vulgaire et délectable, un humour mordant, des scènes simplement cultes et un casting incroyable : alors, arrêtez de mater Secret Story, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Bisous.


W. qui s'embourgeoise



jeudi 24 mai 2012

Hé bien Bilantez maintenant ! (I)

Amis sériephiles, les chats sont heureux de vous retrouver après ces cent cinquante ans d'absence pour un premier bilan de la saison, on était de mariage en mode temoins de la muerte qui doivent faire des trucs VITAUX pour les mariés, tout autant qu'on est vitaux à vos vies. Reprenant notre fameuse technique de la cérémonie féérique de remise des minous, nous vous proposons un petit classement des final seasons des networks. Petit rappel, nous avons quatre catégories à disposition : 
- le chat d'or
- le chat d'espoir
- le chat perplexe
- et last but not least le chat I wanna kill myself with a bullet right in my head coz it's so full of crap qu'on dirait Joséphine l'Ange gardien.

Si votre série favorite ne figure pas au classement, c'est que nous traînons la patte et n'avons pas vu l'épisode de fin; si votre série favorite vous semble injustement qualifiée de daube infâme, n'hésitez pas à vous manifester, nous sommes ouverts à la discussion (de temps en temps). 



Chat d'Or





N. : On avait peur que ça ne démarre pas, on avait peur que de par son statut de série de network le scénario ne s'embourbe dans une torpeur infinie, que nenni ! Twist final couillu, personnages toujours attachants et possibilité de nouvelles bases dès la rentrée. Attention à ne pas nous décevoir à l'automne.
W : Une grosse inquiétude par rapport à la tradition des networks de faire durer 600 ans la même intrigue, OUAT gère la fougère avec un véritable retournement de situation en fin de saison, avec le courage de clore un pan entier de la série et de s'avancer vers de nouveaux horizons.


W. : Justesse, comme toujours, avec un petit côté trépidant qui a son petit effet parce que la série ne nous a pas habitué aux effets de suspens vides de sens.
N. : Un épisode final et une saison rondement menés. Quelques réserves toutefois sur les évolutions et scènes finales de Kalinda et Alicia, les deux femmes sont à deux doigts de tomber dans le ridicule.









N. : Mon very-table coup de coeur de l'année. Humour sur-référencé pas si vulgos que ça, équilibre appréciable entre les deux personnages principaux, scénario qui avance contrairement à beaucoup d'autres sitcoms, personnages secondaires DÉLECTABLES,  les deux fauchées de CBS m'ont réconcilié avec les sitcoms, ce n'est pas peu dire.
W. : 2 Broke Girls a eu une excellente saison:  si je ne me fends pas la poire devant, la qualité époustouflante de l’écriture en fait un gros plaisir hebdomadaire. Le final est à l’image de l’ensemble des épisodes, à la fois couillu et piquant (oui, ça peut faire mal mais là ça va).





Chat d'Espoir


W: Bien qu'on puisse s'inquiéter du scénario futur, parce qu’on peut se demander pendant combien de temps on peut nous parler d'une comédie musicale dont on connait les chansons par coeur, je suis à FOND LES MANETTES pour Smash, complètement amoureuse de Katharine McPhee et en admiration béate devant Megan Hilty et le reste du cast. Le final n’est pas surprenant mais très bien exécuté.
N. : Une narration maitrisée, on savait très bien comment la saison première allait finir, après tout quand une histoire est bien écrite on peut en prédire la fin. Appréhension, toutefois, sur la saison deux.

N.: Bonne saison qui malgré de GROSSES incohérences fait avancer le schmilblik. L'épisode du futur fut la bonne et immense surprise de l'année, je crains, toutefois, que durant les treize épisodes de la dernière saison, peu d'épisodes y soient accordés, c'est bien dommage.
W: Cette saison m’a énormément fait languir et râler, elle est d’une inégalité épouvantable : une LENTE montée de l’intrigue, un COUP DE GENIE mortel pour l’épisode d’anticipation dont j’attends un développement poussé dans la saison prochaine, sinon je vais au siège de la FOX mettre le feu par principe.


W:  Un épisode de fin à la hauteur d’une saison drôle, attachante. New Girl mérite une session de hula hoop rien que pour les robes, shorts, lunettes et ballerines de Jess. Mention spéciale pour la scène délirante du final au cours de laquelle Jess imite Bip Bip pour faire fuir un coyote !
N.: La série conserve son coté choupi et charmant. Drôle parfois, touchante souvent, on suit toujours les aventures des quatre colocataires avec plaisir, espérons que cela continue.





W: on ne s'arrêtera de pleurer qu'en 2014.
N.: NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON, pourquoi atomiser LE guilty pleasure de l'année et conserver "Culcul dans les Champs en Louboutin et ses idées préconcues et insultantes des bouseux", aka Hart of Dixie, à la place?





N. : Mon coeur vibre rien qu'à l'entente de ce nom. Encore. Encore. ENCORE.
W : Série éminemment nulle et géniale, un guilty pleasure comme on en fait peu. Palme d'or du million de rebondissement en une seule saison mais aussi palme d'or des lycéens les mieux fringués toutes séries confondues (on ne compte plus les bijoux à 6000 dollars). Enfin, palme d'or du twist final qui arrache un ricanement nerveux aux plus solides d'entre nous.








Chat Perplexe



N. : Saison en dents de scie, on passe des thèmes éminemment bien traités (l'homosexualité chez les ados) à des échecs critiques de scénario comme le twist sur Quinn. N'oublions pas la vague de culcul qui l'habite et qui nous enterrera tous et transformera nos pierres tombales en rose bonbon, vague qui a remplacé le second degré qui rendait son visionnage si délectable. Le final est à la fois satisfaisant et décevant, on a pas fini d'entendre beugler Lea Michele, vraiment.




Stéréotype même d'une sitcom qui s'embourbe dans son principe initial. Rien ne va plus dans ce groupe de potes. Comment est-il possible de n'introduire aucun nouveau personnage à l'intrigue sans qu'on ne s'ennuie ? Les couples se forment, se quittent, se reforment, se quittent pour mieux se reformer, la meilleur façon de se refiler des MST par potes interposés. Le cliffhanger final est à jeter aux orties, on l'avait vu venir dès le début de la saison. La deception est encore plus grande lorsqu'on sait que des possiblités scénaristiques auraient pu être possibles comme conserver le personnage incarné par Becky Newton ou enfin trouver la mother. Bref, l'ensemble ne s'essouffle plus, il s’époumone.





Chat I wanna kill myself with a bullet right in my head coz it's so full of crap qu'on dirait Joséphine l'Ange gardien

W: Attention, langage obscène.  1) Fuck Bobby Singer, c'était bien la peine de nous péter les nouilles à le ramener des morts celui-là. 2) Fuck Castiel qui n'a plus qu'un rôle naze alors que Misha Collins est génial. 3) Fuck les Léviathans qui auraient pu faire figure d’adversaire mythique mais ne servent à rien ; partant, fuck le combat final qui manquait sévèrement de Buffy attitude. 4) Enfin, fuck Sam Winchester par principe.
N.: Personnellement je suis à bout. Deux saisons que je m'échine à penser que tout cela est une transition, deux saisons durant lesquelles dix épisodes ne sont pas à jeter à la poubelle, deux saisons que je me demande pourquoi les scénaristes ont effectué un travail titanesque de narration et de scénario sur trois saisons (la trois, la quatre et la cinq) pour aboutir sur du NEANT insipide, voire merdique - et un néant de merde ça fait beaucoup, si l'on raisonne par le vide. Heureusement que les blagues de Dean sont la pour rendre le visionnage des épisodes encore possible.



W: De la daube as usual, Elena réussit le miracle de crever 66 fois dans l'épisode, on s’en fout toujours autant de son choix d'amoureux et alors si je peux me permettre de hurler à la mort comme un loup un soir de pleine lune dans Melancholia : le twist final PUE son Twilight pourri. Je vais vomir, maintenant.
N. : Elle m'a vaincu, j'ai arrêté dès les premiers épisodes de la saison trois, lorsque j'ai vu Simon de 7th Heaven se transformer en bête hybride sous la volonté de l'anorexique aux joues saillantes et à la gueule dégueulasse, Klaus.





N.: J'en pleure des larmes de sang. Comment atomiser un travail de reconstruction de ton et de sagesse de traitement de certains thèmes en 47 minutes. Shonda Rhimes n'a eu pour le coup, aucun respect pour ses téléspectateurs et surtout ses personnages ce qui est bien pire. Les cliffhangers à deux francs six sous et deux pipes et demie toutes les deux saisons ça suffit !
W: Une grande tristesse que Shonda Rhimes se sente obligée toutes les deux saisons de nous atomiser le casting avec des catastrophes qui sont hautement improbables à l'échelle d'une vie, même celle de chirurgiens rock star trop beaux et friqués de Seattle. Une énorme crainte par rapport à la saison prochaine parce qu’on va encore passer 18 épisodes à se relever du drame.



W : Puisqu’on parle de Shonda Rhimes, enterrons-là une bonne fois pour toutes. Shonda, je t’aime, grâce à toi je passe des heures à regarder des gens être sexy dans des ascenseurs, mais vraiment, tu m’énerves. Je ne sais pas d’ailleurs si tu as une réelle responsabilité dans la descente aux enfers de Private Practice, qui avait le mérite d’être une série légère, bien menée, dans laquelle on voyait beaucoup Kate Walsh, mais c’est à toi que je m’adresse. Et je te dis d’arrêter, maintenant : ça suffit.










Ici s'achève notre premier bilan des séries de networks. Lorsqu'on aura comblé notre manque d'exhaustivité et notre fainéantise légendaires, on s'attaquera aux autres ainsi que celles du câble ; en attendant, regardez Girls et vibrez devant Game of Thrones
Allez, filez maintenant. 






N.

W.




vendredi 27 avril 2012

Critique Pilot : Magic City - Mafia à Sexyland

A ne pas confondre avec Dallas, s'il vous plait

Ça vaut son hôtel de passe à proximité de la gare SNCF
Récemment, nous avons reçu une bonne nouvelle : Starz, la chaîne choupi qui a enfanté Boss en début de saison, allait diffuser un nouveau drama intitulé Magic City.

L'action de Magic City se situe au 31 décembre 1958, à Miami : l'avenir du Miramar Plage, le complexe hôtelier le plus bling-bling du coin, est remis en question par de sérieuses manifestations de grévistes. Le propriétaire de l'hôtel, Ike Evans, est rapidement contraint de se tourner vers la mafia locale pour remédier à la situation : en ce soir de Saint Sylvestre, Frank Sinatra himself est attendu au Miramar et Ike ne peut pas se permettre d'avoir des dizaines de manifestants en colère aux portes de son hôtel.






Magic City est une série formidable pour tout un tas de raisons ; la première étant (désolée...) LA PAIRE DE BEAUX GOSSES qui jouent les rôles principaux, Jeffrey Dean Morgan et Steven Strait. Oui, oui, il y a John Winchester dans cette série.








Il y a aussi une paire de belles gosses, d'ailleurs. Pas de jaloux. 








Je me suis sentie obligée d'amorcer cette critique par ce point que d'aucuns considèreront trivial parce que les commentaires jusque là suscités par Magic City négligeaient bien trop le casting pour s'adonner à une comparaison avec ma bien-aimée Mad Men, alors que le casting est composé de gens très beaux qui jouent très bien. Mad Men, pour ceux qui ne connaissent pas, est un drama d'AMC consacré aux publicitaires des années 60, "quand les hommes étaient des hommes et que les femmes portaient des jupes". Rien d'engageant peut-être, mais Mad Men s'est révélée au cours de cinq saisons composer un tableau exceptionnel des sixties, porté avant tout par son protagoniste Don Draper, l' "ad man" le plus couru de Madison Avenue. Si les comparaisons entre Magic City et Mad Men vont bon train, c'est parce que les deux séries partagent la beauté de l'image, le cadre des années soixantes qui en fait rêver plus d'un mais surtout ce protagoniste fort : le mystérieux brun, très charismatique et séducteur, un self made man complètement intoxiqué à la cigarette et au whisky. Cependant, le parallèle doit s'arrêter là : Magic City se déroule à Miami, qui est un peu à New York ce que Cannes est à Paris et tout y est plus clinquant, plus coloré : les gens sont dévêtus, roulent en décapotable...la chaleur exacerbe les tensions, elle désinhibe et là où les personnages de Mad Men souffrent d'une cruelle absence de communication, les gens peuplant le Miramar Playa sont sanguins, imprévisibles. Magic City se pare ainsi d'une atmosphère dangereuse également inédite : le rôle de la pègre est suffisamment important pour que le générique et l'opening scene de la série s'en fassent l'écho, dévoilant un océan de cadavres sous le faste de la plage.


Enfin, la gestion du Miramar est réellement une affaire de famille : tous les proches d'Ike Evans ont un rôle et à jouer dans les affaires qui concernent directement l'hôtel tandis que leurs vies personnelles apportent d'autres enjeux. Le pilote visionné, il ne fait aucun doute que le scénario d'origine sera développé de maintes ramifications.
Preuve, s'il en fallait une, de la confiance que Starz place en Magic City, le pilote n'était pas diffusé qu'une seconde saison avait déjà été commandée. C'est certainement un excellent choix, car si Magic City requiert un petit temps d'adaptation -elle est un brin plus subtile que Scandal- elle reste une excellente découverte et ravira tous les amateurs de vintage et de mafia à sexy land.

W.

mercredi 18 avril 2012

Critique Pilot - Girls : Sex and The City chez les prolos

Les bras cassés de Girls



Diffusée sur HBO dimanche soir, Girls est une nouvelle comédie directement inspirée par Sex and The City, de l'aveu de tous. L'auteur de Girls, Lena Dunham (qui joue également le rôle de l'héroïne, Hannah), révère Sex and The City à l'instar de toute une génération d'adolescents des années quatre vingt-dix et elle a voulu combler un manque télévisuel. Girls met ainsi en scène un groupe de femmes qui tentent de se créer une vie à New York mais qui sont bien plus jeunes que Carrie Bradshaw et consort ; elles sont fraîchement émoulues de l'Université et évoluent dans un monde peu glamour, un monde "normal". 



Signalons ici que Lena Dunham est née en 1986 et qu'après un petit film primé, Girls est sa première tentative pour percer : elle a peut-être un plan cul pote chez HBO, mais reste une nana très inventive qui écrit, réalise, produit et joue ses créations. L'amitié entre filles est ici exploitée crûment, avec un oeil qui se veut très réaliste, très sincère : intimité forte, absence de pudeur, solidarité indépassable et rapports de force sont à l'honneur. Les relations amoureuses avec les garçons sont reléguées au second plan mais restent la cible de ce réalisme acharné, ce qui nous vaut notamment une scène de sexe dérangeante par l'apathie et l'indifférence des protagonistes. Girls est pensé comme une fenêtre sur la jeunesse d'aujourd'hui avec ses ambitions contrariées, son incertitude chronique et ses envies de grandeur : le contraste est très fort entre ce que l'on nous montre ici et ce qui est traditionnellement dépeint dans des séries consacrés aux jeunes adultes comme Gossip Girl (sans parler des délires à la The Secret Circle). Du physique ordinaire des actrices  aux problèmes d'argent des personnages en passant par leur absence d'avenir professionnel, Girls aborde de tous nouveaux sujets.
Malgré cette ambiance peu réjouissante, le ton est léger même si on ne se fend absolument pas la poire face à une héroïne en vrac, disgracieuse, à la vie déprimante...Hannah n'a certainement rien d'un modèle.



Au final, Girls est une chouette petite série, à regarder pour une qualité d'écriture certaine et l'aspect un brin fantasmé malgré tout des relations entre filles. Dix épisodes nous attendent : une quête effrénée de spontanéité et de vérité, sans rebondissements, sans excès, sans rires, à l'esthétique éteinte, très neutre : pas forcément palpitant, peu stimulant, mais en tout cas innovant et poétique. Il y a un vrai travail sur des thèmes peu évoqués dans les séries : l'angoisse du passage à l'âge adulte, le paradoxe que constitue l'intimité à l'heure de Facebook, Twitter et autres moyens de se fréquenter à distance, le rapport financier aux parents pour une génération d'adulescents, les problèmes d'image de soi...A cet égard, l'adjectif qui qualifierait le mieux Girls n'est pas "drôle", ou "sincère", mais véritablement "poignant".

W.


lundi 16 avril 2012

Critique Pilot : Scandal - ABC dégaine l'artillerie lourde

A première vue, faut pas se foutre de sa gueule

La dernière création de Shonda Rhimes à qui l'on doit Grey's Anatomy et Private Practice s'intitule Scandal et a débuté le 5 avril sur ABC. Je ne vous cache pas que le trailer nous avait déjà grandement fait marrer (vous pouvez le découvrir en fin d'article) et que l'idée du pilote m'effrayait un peu. En vérité, j'ai obtenu tout ce que je craignais -niaiserie, incrédibilité et intrigue facile - mais j'ai quand même trouvé Scandal très agréable, tout comme N. d'ailleurs. De là à dire que notre lourd passif de Grey's addicts est responsable, il n'y a qu'un pas que vous pouvez allègrement franchir et ma réserve me pousse à nous déclarer perplexes, car un chat d'espoir serait un brin abusé pour cette série.


L'intrigue de la série repose sur le MYTHE autour de la personne d'Olivia Pope aka une très belle femme hyper glamour que tous les Etats-Unis admirent et redoutent car elle est vraiment très, très balèze et manie son Blackberry tel une arme. C'est à dire qu'elle a fait partie de l'entourage du président : crise après crise, elle a désamorcé tous les scandales qui ont menacé de s'abattre sur le "leader du monde libre" -au demeurant plutôt beau gosse (dans le monde de Shonda Rhimes, personne n'est laid ni stupide). (N. et moi, on trouve ça plutôt cool, ça compense la vie). Ayant quitté l'équipe gouvernementale et bien qu'elle connaisse encore le parfum de cupcakes favori du mec à l'entrée de la Maison Blanche, Olivia se la joue désormais solo : avec quelques associés, des bras cassés socialement parlant mais du reste très doués, elle a crée un cabinet de gestion de crise. Sa réputation de meuf qui gère grave ne lui laisse aucun répit et des gens pleins de fric viennent sans arrêt lui demander son aide. Fait notable et avantage plutôt pratique, Olivia Pope a un instinct infaillible : elle sait reconnaître un menteur et n'accepte un client que lorsque sa sincérité ne fait aucun doute. Oui, c'est ce qu'on appelle une grosse mégalo meuf bien.

"My GUT tells me everything there is to know."

Ce qui fonctionne très bien, c'est l'habituel mélange entre le travail (ici, les justiciers remplacent les médecins) qui met en jeu des questions de vie ou de mort et les problèmes personnels des personnages : non seulement cela facilite l'identification des spectateurs, mais cela leur garantit de ne jamais s'ennuyer devant la série. Et puis on ne peut vraiment pas se sentir perdu, il y a même un ascenseur...
Il y a pourtant un défaut majeur : la faiblesse de type abyssal de l'intrigue hebdomadaire, le scandale qu'Olivia Pope parvient à éviter étant parfaitement clicheteux et pas vraiment scandaleux. S'il fallait poser là une opinion, je dirais que l'intérêt réside essentiellement dans tout ce qui évolue autour du job : les dialogues enlevés, les tracas amoureux ou psychologiques des protagonistes et bien sûr le rapport amusant à la Maison Blanche.


Ce qui est certain, ce qu'il ne faut surtout pas y chercher une crédibilité quelconque : on nous parle bel et bien d'une bande de types super beaux, super sapés, super intelligents qui font tout le travail des flics sans les moyens des flics et mieux que les flics...On avait les avocats, les juges, les experts scientifiques, les inspecteurs, les patrouilleurs, les profilers et les négociateurs; eh bien désormais, on a Olivia Pope.

Scandal, une série 7 en 1, efficace 96 heures

Ceci dit, cette ambiance surréaliste ne gâche pas le véritable divertissement que constitue ce nouveau drama. Ainsi mon conseil serait de regarder Scandal : sept épisodes pour une saison n'étoufferont personne, sans compter que vous en serez quittes pour un ou deux fous rires. Guilty pleasure garanti!



W.

lundi 2 avril 2012

Critique Pilot : Awake : rêve ou réalité?


Awake est un nouveau drama de NBC, network qui lutte tant bien que mal cette année du point de vue des audiences. Le pitch a fait baver plus d'un fan de série fantastique et le pilote, très efficace, a exalté tous ces fantasmes.

Le héros, Michael Britten, est joué par un Jason Isaacs solide : ex Lucius Malfoy de la saga Harry Potter, l'acteur sait incarner un monsieur-tout-le-monde dont le quotidien est, au bas mot, bouleversé. Inspecteur de police, Britten retourne travailler après un tragique accident de voiture avec sa femme Hannah et son fils Rex. A compter de cet événement, Britten mène une double vie : dans l'une, sa femme a survécu, dans l'autre, c'est son fils. Deux deuils à porter.

A chaque fois que Britten se réveille, il change de réalité : il change de psychologue, de partenaire, d'enquête à suivre...Il ne dort jamais, car l'une des réalités se déroule, logiquement, dans son sommeil, épuisant son inconscient survolté. Incapable de discerner le vrai du faux, refusant de mettre fin à ce qui lui permet de prolonger le contact avec les deux membres de sa famille, Britten évolue dans un quotidien très, très ambigu.
Ce scénario, un brin complexe à suivre, est réellement intéressant, puisque l'on se retrouve avec un cop show fantastique vraiment inédit. La situation ouvre des perspectives lorsque des informations transitent d'une réalité à l'autre, permettant à Britten de résoudre ses enquêtes grâce à l'hyperactivité de son cerveau ; d'un autre côté, le protagoniste court à l'auto-destruction, à l'épuisement, à la folie même. Géré avec subtilité, un tel scénario recouvre d'infinies possibilités et serait source de joies hebdomadaires pour tous car les questionnements sont multiples, les retournements de situation très stimulants : de plus, le traitement intelligent du deuil, servi par une esthétique sûre de la réalisation, fait d'Awake une très belle oeuvre.

Toutefois (eh oui!), les épisodes qui ont suivi le pilote ont terni le tableau à mes yeux : nette retombée du suspens, platitude de l'enquête policière...peut-être était-il trop ambitieux de tramer les indices quant à la "réalité de la réalité" au sein d'un schéma procédural? Peut-être aurait-on pu se passer le temps d'un épisode, de deux épisodes, d'une enquête policière? Il faut en tout cas que celles-ci soient très bien réalisées : on ne peut décemment se contenter de cas vus et revus dans les six cent quatre vingt séries consacrées à des flics...
Il encore trop tôt, certainement, pour s'inquiéter au sujet de la série mais on peut craindre qu'elle ne descende rapidement de son piédestal pour rejoindre la foule des dramas que l'on suit sans grand enthousiasme : c'est donc dans cet état d'esprit dubitatif, mais bienveillant, car je rentre d'un weekend fantastique que je décerne un petit minou d'espoir à Awake.


W.

mardi 27 mars 2012

Critique Pilot - Best Friends Forever : L'insoutenable insipidité de l'être, part II

Dans la lignée des affiches de bon goût



Le pilote de Best Friends Forever est actuellement disponible sur internet en dépit du fait que la série ne sera diffusée qu'à compter du 4 avril prochain. Ma curiosité naturelle débordante se joignant à une motivation sans pareille m'a tout logiquement incitée à regarder cet épisode, envers et contre mes a priori peu flatteurs nés du visionnage de la bande annonce.


Bon, je vous dirais sans embarras que mon univers n'a pas été bouleversé. Mettons de côté le fait que je suis, ces temps-ci, une trentaine de séries en parallèle et qu'il faut envoyer une certaine dose de bois pour m'impressionner, BFF reste une sitcom gentille, au pitch tout doux, au casting mignonnet, qui dépote avec la modération de la tortue fatiguée. Ceci dit je préfère, avant d'exposer le scénario, vous faire part de ma subjectivité totale dans cette affaire, car je mène une croisade des plus féroces à l'encontre d'Apple depuis maintenant plusieurs années. Voyez, je suis polie, je n'utilise pas l'extraordinaire moyen de communication de masse qu'est ce blog pour vous gonfler tous les quatre matins avec mes griefs et mes arguments...Je sais bien que les responsables de l'industrie télévisuelle ne peuvent pas suivre cette ligne de conduite, puisqu'il doit être dur de résister à la tentation de coller des iPhone dans la plupart des shows et je ne leur en veux pas trop; mais BFF, c'est carrément la fête au placement de produit...

Avec un Mac toutes les deux scènes, BFF heurte la sensibilité du spectateur innocent

Ceci étant dit, BFF traite d'un sujet sympathique : le passage à l'âge adulte et l'influence de la construction d'une vie familiale bien à soi sur les relations amicales, reflets d'une époque plus insouciante, plus libre. Lennon en prend conscience lorsque sa meilleure amie, Jessica, fait irruption dans son tout jeune ménage en emménageant chez elle : ses deux personnalités se rejoignent, s'entrechoquent, et se parasitent l'une l'autre. Quelques gags parsèment le pilote, mais ils demeurent inefficaces : si les vingt minutes passent assez rapidement, on ne rit pas vraiment, on ne sourit guère, on s'ennuie parfois. BFF laisse perplexe à plus d'un titre : on s'interroge sur l'intérêt du pitch, sur le public visé, sur la viabilité d'une sitcom dont seuls six épisodes ont été commandés...

Vous l'aurez compris, je ne suis pas spécialement emballée : je ne place guère d'espoir en BFF, qui m'inspire une critique aussi terne que son pilote. A voir sur votre iPad, si vous avez un créneau de vingt minutes entre deux coups de fil super importants sur votre iPhone, et n'oubliez pas d'activer iCloud pour que votre MacBook synchronise tout ça dans votre agenda de working boy / girl hyper trendy.

Kissou.


W.