C'est l'heure du prouprou.

Episode 1 : American Horror Story, Glee, The New Normal

Quand y'en a plus, y'en a encore

Episode 2 : Dexter, Grey's Anatomy et Scandal

Episode 3 : Castle et 2 Broke Girls

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dimanche 9 décembre 2012

Critiques Pilot - Ce que vous avez raté mais en fait pas vraiment




Vous vous dites que durant cette disette de Novembre et sans notre regard éclairé vous avez certainement raté des milliards de séries génialissimes ? Je comprends, vous êtes encore quelque peu naïfs, c'est compréhensible ; depuis la fin octobre s'enchaînent bouse sur bouse, âpre sur amer et mauvais goûts sur insultes aux regards, tout de suite un rapide débrief de ce que vous ne devez pas voir -et quelques exceptions.






jeudi 25 octobre 2012

Pour la rentrée on fait pas nos sucrés - Une rentrée très CW.

Le moment tant attendu arrive enfin : la rentrée CW. La CW c'est un peu les deux corps du roi de Kantorowicz, l'un privé que l'on voit rarement, souvent caché, celui de la pépite du bon aka Supernatural, et le corps symbolique, celui de la daube intersidérale, omniprésent et rendu tangible par a peu près l'ensemble de ses shows. Chaque année j'attends cela avec impatience, les pop-corn dans une main et l'autre en une position prête à accueillir des facepalms répétés, autant vous dire qu'après j'ai mal au crane et les doigts qui en tombent. Sans vendre la mèche conclusive de la qualité générale des productions de cette année, je peux vous dire que j'ai été surpris. 


mercredi 15 août 2012

Il fait beau aujourd'hui tu ne trouves pas? Spécial Vacances 3 : NBC, les sitcoms et vous




Cette semaine NBC a profité de la diffusion des JO pour lancer deux de ses nouvelles sitcoms, Go on et Animal Practice. Si nous devions résumer ce que l'on pense de NBC, c'est très simple, cela se symboliserait par une cascade d'insultes et de cris infinis et au flux d'une puissance incommensurable, ou en d'autre termes : rendez-nous Dan Harmon à la tête d'une des meilleures sitcoms de ces dernières années, Community. Tenez-le pour dit, on est vénères.

Animal practice.


Avez-vous déjà révé d’obtenir une variation sitcom et animalière de Doctor House? Non ? Eh bien NBC l'a fait pour vous. Animal Practice, c’est l’histoire d’un vétérinaire, George Coleman (interprété par le si détestable Justin Kirk dans Weeds) extrèmement doué dans son métier et ce car il n’aime pas les humains mais que les animaux. A la tête de son hôpital pour bêtes, il voit débarquer en guise d’administratrice générale Dorothy Krane (JoAnna Garcia Swisher), petite fille de la propriétaire décédée de l’établissement et, évidemment, ancien amour du Doctor Coleman. Puis y a le singe de Community aussi, Doctor Risso.
Devrais-je en dire plus ? Pas vraiment.  
Je vais faire un effort, la série n’étant pas si mauvaise que ça, elle laisse juste dans une indifférence plutôt relative. Les personnages secondaires, qui dans les sitcoms font pour beaucoup à la qualité de la série, sont négligeables hormis peut-être Angela, et le singe de Community – les networks ne font pas que recycler leurs acteurs, ils replacent aussi leurs animaux.  Le pitch qui se veut original, est, dans la mise en application, d’une banalité déconcertante ; les blagues tombent régulièrement à l’eau et le rythme s’en fait sentir. Une énième fois, on se retrouve avec deux héros possédant une relation amoureuse non achevée et qui vont se renifler le cul tout au long de la série. Ouais, banal.


Go On! (ou Stop There)



La diffusion anticipée de Go On! peut faire l'effet d'une douce surprise estivale. Matthew Perry nous revient à la tête d'une sitcom gentille : célèbre chroniqueur sportif ayant récemment souffert de la perte de sa femme, il est contraint par son employeur de faire une dizaine de sessions de thérapie de groupe afin de pouvoir retourner travailler. Ce n'est pas très original, puisque nous faisons face au classique "I have to get my sheet signed mais en fait je vais me rendre compte que cette thérapie est nécessaire à la fin du pilote" ; ce n'est pas très drôle, parce que les blagues sont un brin taillées pour Matthew Perry, "le mec le plus drôle de la planète sans vouloir insister" ; ce n'est pas forcément très stimulant, parce que les métaphores sportives me laissent relativement voire totalement de marbre. 

L'attrait fondamental de cette sitcom, en fait, réside dans son aspect choral : ce sont les autres personnages qui sont en thérapie avec M.P. qui font tout le (léger) charme de la série. Des caractères, des origines, des modes d'expression très différents les uns des autres les séparent et les rassemblent...ce sont des personnages qui sont à un carrefour de leur vie...on parle d'une sitcom qui joue à mort l'aspect collégial...Dites-moi, hein, si vous sentez un message subliminal passer, parce que loin de moi l'idée d'insinuer que NBC tente là une pâle pâle pâle assimilation de Go On! à Community. Non, vraiment, ce serait faire montre d'un cynisme sans bornes que d'affirmer qu'un network tente de surfer sur le concept génial d'une série qu'il est par ailleurs en train d'atomiser, alors que des cohortes de fans s'apprêtent plus ou moins à entamer une grève de la faim, là. Vraiment, je n'oserai pas, je ne suis pas comme ça, moi.


Conclusion de ces premiers visionnages des nouveautés de NBC, on a pas changé d'opinion : rendez-nous Dan Harmon à la tête de Community. #sixseasonsandamovie


W. ambiance rombière

N., un brin mégalo

dimanche 22 juillet 2012

Critique Pilot : The Newsroom - Grey's Journalism






Lorsqu'une nouvelle série débarque sur HBO, c'est un peu comme quand tu découvres ton premier kinder surprise, tu hallucines devant le chocolat et frétille face au fait qu'il y a un jouet dedans. Ainsi, imaginez les frétillements que l'apparition de The Newsroom a sucité en moi lorsque j'ai appris que non seulement c'était le nouveau bébé de HBO mais qu'en plus il était crée par Aaron Sorkin, aka le dieu qui a fait The West Wing (A la Maison Blanche). Plein d'entrain et de liesse, je lance le pilot et je suis bercé par de la joie et aussi pas mal de perplexité. Du coup, je me dis qu'il faut attendre quelques épisodes pour savoir ce qu'il en est réellement : vaste blague ou oeuvre de qualité ? Il s'avère que, comme souvent, The Newsroom se trouve à mi chemin, équidistant d'une qualité d'HBO et d'une nouvelle programmation culcul mes pralines d'ABC.



Pression, dénonciations et obsessions d'un showrunner


The Newsroom narre les péripéties d'une équipe de rédacteurs du JT de 19h d'une grande chaîne nationale, proposant ainsi un regard des coulisses du traitement de l'information. Equipe qui a pour présentateur et par conséquent image, Will McAvoy journaliste consensuel par excellence qui ainsi fédère l'ensemble des auditeurs de sa chaîne fictive ACN. Consensus proportionnel à sa détestabilité derrière la caméra, un homme au bord de la crise de nerfs en somme. Lors de la première scène il rencontre le gouffre, prend en plein poire ses propres travers : il explose en plein milieu d'une émission de grande écoute et expose des points de vue politiques tranchés et virulents. Alors que le Jean Pierre Pernaud d'ACN vire sa cutie et pète sa durite en live audience, son équipe de rédacteurs se fait la malle avec un autre présentateur et son patron décide de lui imposer de nouveaux collègues. Là où le bât blesse, c'est la chef de cette nouvelle équipe : son ancienne collègue et maitresse, Mackenzie MacHale. Evidemment, le premier épisode expose comment cette équipe s'intègre et impose un nouveau regard sur l'information et comment Will McAvoy renaît de ses cendres et de consensuel devient provocateur et accusateur. 


Notre Will McAvoy à nous, THUMBS UP


Alors qu'on pense être dans nos petits souliers de l'habitude et qu'on s'atèle au deuxième épisode en pensant  naïvement qu'on va subir un épisode quasi-similaire au premier, il n'en est rien. Le premier opus est placé sous le signe de la pression : pression du traitement de l'information, pression de la rapidité des réactions qu'il faut avoir pour mettre en place un journal entier autour de cette information, pression de ne pas faire d'erreur dans la pertinence d'une information et enfin pression du direct lorsque WIll McAvoy doit tenir d'une main d'acier un nouveau JT aux accusations politiques anti-républicaines flagrantes. Puis d'un coup, plus de pression, rien, nada, nothing, ningun, niet, sarkozy. La série ne se concentre plus sur cette frénésie du traitement de l'info mais s'oriente vers les thèmes abordés dans le JT. Ainsi, Will McAvoy passe tout un épisode à allumer en direct des représentants des Tea party sur plusieurs mois, faisant ainsi de son JT un objet politique et de plus en plus boudé par l'audimat. Émergent ici les deux piliers de The Newsroom, d'une part la gangrène implantée dans le journalisme de grande heure d'écoute et d'autre part les convictions qui animent Aaron Sorkin, et l'un ne va pas sans l'autre. La nouvelle série de HBO sert de fer de lance mais aussi d'exutoire à son créateur : il y expose ses points de vue politiques, ce qu'il estime être les dérives sociétales et accuse le journalisme de grande écoute d'être l'un des vecteurs, voire même l'un des créateurs de ces dérives, de par son caractère consensuel et ses obligations d'audience. Aaron Sorkin ne s'arrête pas en si bon chemin et non content de tailler le manque d'éthique et d'investissement des journalistes, s'atèle à ce qui est pour lui le fond du problème : les producteurs et têtes dirigeantes du monde politique. Durant 112th Congress, le troisième épisode de la série, le lien entre la sphère politique et les créanciers de l'ACN est établi, la conclusion y est donc rapide et aisée : le journalisme ne peut plus être le principal représentant de la liberté d'expression car ses producteurs sont liés financièrement aux politiciens. Il est necessaire de préciser que cet episode magistral met en scène Jane Fonda et une magnifique métaphore sur le golf et Jesus, à voir donc. 

Toi aussi,  fait une reconstitution de Sodome et Gomore avec Jesus en jouant au Golf.


Les propos et l'idéalisation du rôle du journaslite exposés par Aaron Sorkin, déchaînent les critiques ainsi que la blogosphère des sérievores : vrai courage, préoccupations surannées d'un viel homme blanc blindé aux as ou objet de fascination uniquement accessible aux lecteurs de Télérama, les débats vont bon train et Aaron Sorkin oscille entre le pilori à la canonisation. A Chats en série on est du genre à se taire et à ne pas affirmer ce qu'on pense, on tient juste à signaler que la seule Tea party qu'on apprécie a eu lieu à Boston en 1773, qu'on ne regarde qu'Euronews et LCP et qu'on conchie la gueule de Télérama publiquement mais que quand même des fois on s'y égare même si on préfère VICE. Bref.


De la Tea party, de la vraie.


Meredith Grey et Derek Shepherd back in the 90's


Au delà d'un message et d'un pitch prenant, The Newsroom est l'incarnation de la kitchitude, réel problème lorsque celle ci n'est pas voulue, surtout sur une chaîne comme HBO.
Ainsi dès les premières minutes ce qui saute aux yeux du téléspectateur c'est l'aspect vieillot de l'image.  Tout est bleu et gris, tout est terne et on l'impression que l'image est en permanence floue. La réalisation n'est en rien imaginative et pire, ressemble completement à celle de The West Wing : Sorkin est figé dans les années 90, ce qui, avec les années 80 et les pattes d'eléphants des seventies, s'apparente le plus aux cercles de l'enfer. L'apogée du kitch, le pompom de la pomponette, s'avère le générique : on nage carrément dans une mare de vomi de mauvais gout et d'esthétique surannée. Il suit, c'est cadeau et non fourni avec son sac à dégueulis (on est pas Air France, malgré la beauté et la sexytude de notre hôtesse W.)





Cela vous rappelle un croisement malheureux entre celui de The West Wing et celui de Jag ? Ne vous ruez pas chez votre médecin, tout est normal.

Si l'insupportable se contentait de se terrer dans l’esthétique, on pourrait survivre; après tout on a tous regardé une série de Joss Whedon un jour, mais Aaron Sorkin ne s'arrête pas là, il nous fait pénétrer à CULCULAND, le pays des vagues roses, des poneys arc-en-ciels et des Bisounours. C'en est assez.
Au milieu de la mousson des considérations politiques d'Aaron Sorkin nageottent deux relations amoureuses à la con ; comprenons nous bien, je n'ai rien contre l'amour, surtout lorsqu'il est écrit par Rimbaud, mais lorsque c'est à s’étouffer de clichés, ridicule et saupoudré d'un jeu d'acteur détestable, rien ne va.

Deux choses sont à se pendre :  la première se trouve être les affiches de Mackenzie dans le premier épisode. Le détonateur qui fait exploser Will McAvoy en live est supposé être une hallucination où il aperçoit Mackenzie lui dévoiler ses mensonges sur des pancartes :


Remarquez comme personne ne s’aperçoit qu'il y a une teubé avec des pancartes A4 au milieu du public.


Qu'apprend t-on à la fin du premier épisode, je vous le donne en mille : en réalité ce n'était pas une hallucination, elle était vraiment là. Vous pensiez que l'histoire s'arrétait là ? Que nenni, le pilot s'achève sur une scène ou Mackenzie est sur le point de dévoiler à Will que c'était en réalité bien elle dans le public ce jour là mais malheureusement il pénètre dans un ascenseur et la belle se ravise ; voilà vous avez votre pitch pour une saison, on est à deux doigts du scénario d'un Ken Loach, je ne vous le cache pas.

Le second arc scénaristique qui risque d'entraîner votre mort, il est simple et se résume en une photo :

L'antéchrist
Maggie Jordan (incarnée par la si "à buter" Alison Pill) sur laquelle j'ai plusieurs délicatesses à vous apporter:

1. Elle est moche.
2. Non seulement elle est moche mais en plus elle ressemble à un petit cochon en porcelaine
3. Elle est moche, elle ressemble à un petit cochon en porcelaine ET elle joue affreusement mal
4. Referez vous à ci dessus et ajoutez qu'elle a le rôle de l'ingénue, journaliste géniale en devenir qui attire l'affection de tout le monde car elle est trop choupi puisqu'elle passe son temps à gaffer
5. Son personnage n'a en réalité qu'un unique intérêt : attirer la vieille pucelle de 25 ans qui rêve d'avoir une romance à deux euros avec un jeune et joli journaliste transi d'amour pour elle.

Vous voilà prévenu, Maggie et Mackenzie représentent les personnages qu'on pourrait qualifier de kawai, elles sont là pour charmer et rendre la série amusante, ce qui est un véritable fiasco. Oui, quand vous mélangez des tonnes de propos qui se veulent sérieux et pamphlétiques, vous n'ajoutez pas de l'humour écrit pour les lectrices de Jeune et Jolie ou digne des romans photos de Girls, ça détonne tout autant que Cecile Duflot en tailleur à l'Assemblée Nationale.


Résultat hybride entre une mère, Ally Mcbeal, et un papa, The West Wing, The Newsroom est à l'image de son créateur : cultivé et au verbe efficace et ciselé mais souvent ridicule et engoncé dans des stéréotypes relationnels peu crédibles.  


N. qui tâte du stick

dimanche 8 juillet 2012

Veep : Le président des Etats-Unis, ce gros bâtard

C'est elle qui porte le chapeau. Plus ou moins.


Depuis le mois de septembre 2011, nous mettons un point d'honneur à renseigner notre infini lectorat sur chaque nouveauté que nous offre la télévision américaine. Daube après daube, surprise après surprise et parfois, merveille après merveille, chaque pilote a fait l'objet d'une critique : délirante lorsqu'on était confronté à The Client List ou dithyrambique face à Boss, notre analyse s'est rarement faite attendre. L'exception à la règle, car il en fallait bien une, concerne la dernière comédie diffusée sur la chaîne câblée HBO pour la saison 2011 / 2012, j'ai nommé Veep. Le pilote est paru le 22 avril dernier. Entre temps, la saison s'est achevée et mes amis ont pu me voir, étonnés, m'exciter tel un moustique au sujet de cette série formidable alors qu'elle ne figurait toujours pas sur ce blog ; mon partenaire, N., m'a régulièrement relancée d'un "Veep se porte bien?", recevant tantôt un prometteur "j'aurais l'article dans deux jours" et tantôt un vil "elle t'embrasse" en retour...Entre temps, donc, je n'ai rien écrit. Pourquoi? Parce que Veep est une série très particulière : dès le pilote, elle m'a fait rire aux éclats, mais je ne savais pas quel ton adopter pour en discuter car à mes yeux, en ce qui concerne cette comédie, l'heure n'est pas à la blague. D'ailleurs, comme cette inhabituelle introduction de type "je te raconte ma vie un soir de décembre" vous permet surement de le constater, je me trouve toujours dans une impasse! Quoi qu'il en soit, on est dimanche, mon chat est occupé à ensevelir mes chaussures de ses poils, mon cher et tendre beugle avec ses potes en jouant à Diablo, je n'ai plus rien à lire et la pression a atteint son paroxysme : ma conscience professionnelle de blogueuse a dépassé le stade de l'insouciante procrastination, aussi mets-je de côté mes scrupules inintéressants pour vous parler de Veep, cette merveille.



L'envers du décor

L'enjeu le plus évident de la série, c'est la description cynique qu'elle fait des arcanes du pouvoir. Chaque épisode de trente minutes est réalisé à la manière d'un mockumentaire, c'est à dire d'un reportage dépourvu d'objectivité et prenant le parti de tourner en dérision ce dont il traite. Veep est une sorte de laboratoire d'études : le spectateur observe de très, très près le cabinet politique entourant Selina Meyer, la vice présidente des Etats-Unis. Mise en scène sur mise en scène, crise après crise, la caméra traque les faiblesses, les "off" d'une équipe qui ressemble toujours plus à une bande de bras cassés.
Selina, incarnée par la magique Julia Louis-Dreyfus, est une personnalité politique rodée et elle s'entoure, pour gérer les mille tourments d'une vie publique à la fois annexe et intense, de plusieurs personnages hystériques, ambitieux ou cyniques, mais surtout très humains. Il y a Gary, qui lui est entièrement dévoué : il peut aussi bien aller lui acheter des tampons que mémoriser la biographie d'une centaine de personnes pour assurer les arrières de Selina lors d'un gala. C'est son meilleur allié, mais il est l'objet d'incessantes moqueries de la part de ses collègues pour son côté benêt, son absence de mordant et il est difficile de les blâmer. 




Amy est ainsi très différente : la gestion des relations publiques du cabinet vice présidentiel est tout ce qui compte à ses yeux. Toutefois, elle a beau être greffée à son Blackberry, elle n'est pas à l'abri des gaffes et les ennuis ne cessent de lui pleuvoir sur le coin de la figure : Selina recrute alors Dan, un requin, qu'Amy déteste profondément. L'arrivée de ce personnage pour lequel le networking est une religion chamboule le système bien réglé qui régit le monde de Selina, pour le meilleur parfois mais surtout pour le pire. Les failles dans la cohésion de l'équipe et la malchance chronique de Selina créent un climat fascinant d'improvisation, de ratés, de calamités diplomatiques. Le spectateur a ainsi la nette impression d'assister à l'atelier du gouvernement, il est dans les coulisses et peut comprendre comment se goupillent toutes ces déclarations, visites officielles et parfois scandales que nous connaissons tous. Il y a là donc le dessin d'une activité politique bien souvent menée par des baltringues, empreinte d'amateurisme, ce qui n'enlève rien au rythme très soutenu des épisodes : un combo très accrocheur, qui fait de Veep une sorte de pendant frais, joueur mais intelligent de séries fort sérieuses telles que Boss.



Sue, did the President call?

Dans les séries, il existe des running gags plus ou moins bons; la même plaisanterie répétée épisode après épisode n'est pas toujours des plus heureuses mais ce n'est pas le cas ici. Selina demande tout au long de la saison à Sue, sa super-secrétaire : "Sue, did the President call?" et celle-ci, invariablement, répond "No". Le ton de Selina est de plus en plus amer, ironique ou triste, tandis que la réponse est toujours plus sèche, empreinte d'une consternation grandissante. Car Selina a beau être au top de la chaîne alimentaire gouvernementale, il ne faut pas manquer l'essentiel : devenir vice président signifie avant tout que l'on n'a pas su devenir président. Etre numéro deux, découvre-t-on, est encore plus triste que d'être dans l'opposition : le candidat défait à l'élection présidentielle peut trouver refuge dans le dénigrement de la politique gouvernementale, tandis que le numéro deux, le vice-président, n'a tout simplement pas ce luxe. Selina navigue ainsi en eaux troubles : elle n'a aucune amitié pour Potus, le président -que l'on ne voit jamais- et prétend mener une activité politique de premier plan quand il ne lui reste que les miettes qu'il veut bien lui laisser. Il existe une indéniable concurrence, car le président fait tout, veillant à publiquement renvoyer une image de bonne entente, pour cantonner le rôle de Selina dans un cadre bien précis qui ne doit jamais empiéter sur l'aura de la première dame des Etats-Unis ; la vice présidente tâche, de son côté, de mener à bien les projets qui lui tiennent à coeur.




C'est là qu'on mesure toute la portée critique de la série : l'agitation constante qui anime le petit monde de Selina contraste profondément avec l'objet de son empressement. Dans l'épisode deux, la Veep doit se rendre dans un magasin qui vend du yaourt glacé (oui, les Américains bouffent n'importe quoi) pour en rencontrer les propriétaires, puisque ceux-ci ont eu la gentillesse de nommer un parfum après elle. La futilité initiale de la situation prend un tour très différent lorsque Selina apprend que le président serait en train de faire un infarctus en Afrique : exit les yaourts, sourires et poignées de mains, elle est guidée jusqu'à la cellule de crise de la Maison Blanche. Tandis qu'elle peine à prononcer quelques mots de compassion pour Potus, dissimulant mal son sourire triomphant, tout le monde sent arriver la catastrophe qui ne tarde pas à se produire : Potus était seulement affligé de brûlures d'estomac et se porte comme un charme. Selina retourne à ses yaourts et tombe soudainement malade, risquant à tout moment de vomir le frozen yoghurt portant son nom sur le sol du magasin...Cette description à la fois tordante et cynique d'une journée traditionnelle de la vice présidente des Etats-Unis donne le ton en ce début de saison : la honte et le désarroi seront l'apanage de Selina. Celle qui avait l'ambition d'être le fameux "leader du monde libre" se voit réduite à l'introduction de couverts en plastique dans les cuisines de la Maison Blanche, s'inquiète d'un futur "hurricane Selina", visite des écoles pour chanter avec des maternelles...On voit bien que tout est politique, même les serviettes en papier, mais on sent tout autant qu'on est loin, très loin de la politique pour laquelle Selina s'est engagée au départ.



Selina ou l'érosion politique

En huit épisodes, on passe d'une comédie enlevée au récit douloureux de l'échec d'une carrière politique, car plus le temps passe, plus les problèmes personnels et l'égocentrisme de Selina jouent en sa défaveur. Un lapsus fait d'elle une raciste et c'est la débandade : les surnoms les plus vicieux se multiplient sur le web, son décret phare sur les "clean jobs" est foutu au placard tandis que sa nouvelle mission est d'apporter son soutien aux victimes de l'obésité...Tandis que sa vie de famille fout littéralement le camp, "Meyer The Liar", "The Wicked Witch of the West Wing" ou encore "The Batcave" est en chute libre dans les sondages de popularité, ce qui enclenche un cercle vicieux des plus efficaces car le président se détache d'elle, lui confiant des tâches toujours plus ingrates qui affaiblissent plus encore son image.




Finalement, Veep parvient à prendre une tournure tragique : la volonté de Selina d'atteindre les sommets n'a d'égale que le terrible échec de son mandat, dont on perçoit difficilement l'issue en fin de saison. Le dernier épisode -qui est excellentissime, déjà- permet aux personnages d'atteindre le paroxysme de leurs travers : la manipulation de l'opinion, qu'Amy, Dan et consorts pensent maîtriser comme une petite cueillère est plus que jamais d'actualité pour tenter une dernière fois de redorer le blason de Selina dont plus personne ne veut entendre parler. S'enclenche rapidement un jeu dangereux auquel l'équipe toute entière risque de perdre l'ensemble de ce qu'elle a réussi à construire. La saison s'achève ainsi dans un chaos dont notre expérience des séries et de la vie politique nous enseignent qu'il est provisoire, mais il n'en est pas moins sidérant. 




S'il me fallait donc résumer Veep en quelques lignes, je dirais pêle-mêle que cette série a pour elle un langage absolument vulgaire et délectable, un humour mordant, des scènes simplement cultes et un casting incroyable : alors, arrêtez de mater Secret Story, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Bisous.


W. qui s'embourgeoise



mercredi 9 mai 2012

Critique Pilot - NYC 22 et The Firm : Back to the 90's

Avant toutes choses, je tiens à clarifier deux points dont l'importance ne peut être remise en question : 
- Non, nous ne sommes pas morts, on était juste en vacances à Barcelone (BOO-YA).
- Oui, nous sommes toujours aussi sexy et géniaux, ne vous inquiétez pas.





Minou I want to kill myself with a bullet
 right in my head coz it's so full of crap
 qu'on dirait Josephine l'ange gardien

En cette fin d'année des séries 2011/2012 et à l'aube de celle de 2012/2013 (je vous rappelle que les upfronts aka les trailers des séries de la rentrée arrivent sous peu -14,15 et 16 mai pour être tatillon), intéressons nous à deux nouveautés : NYC 22 et The Firm. Alors j'aperçois déjà au loin vos levées de boucliers :"The Firm n'est pas une nouveauté, elle a débuté en janvier ! Vous êtes juste des gros feignants pratiquant une procrastination intensive et intempestive" C'est donc sans mauvaise foi aucune, que je vous répondrai les yeux dans les yeux, les boules dans les boules que NON, tout cela était réfléchi, pensé et intentionnel ; car oui, il y a une réelle ressemblance entre The Firm et NYC 22, c'est leur désuétude.



Des flics qu'ils sont beaux, la police façon NYC 22.
De par leur pitch tout d'abord. The Firm c'est l'histoire d'un mec qui a des problèmes, il est poursuivi par des méchants avocats et il est mal. NYC 22 c'est l'histoire de plusieurs mecs qui débutent dans la police et qui ont des problèmes personnels profonds voire existentiels et ils sont mal. Résumés succincts mais au plus près de la réalité des pitchs de ces séries. Non seulement les sujets traités ne possèdent rien de révolutionnaire, mais en plus ils sont abordés de manière soporifique et remplis de poncifs. Ainsi, s’enchaînent les personnages stéréotypés dans NYC 22 (la blonde wasp qui s'aventure dans la police par aventure et rébellion, le latino un peu nerveux ou encore l'ancienne gamine de gang qui a réussi à s'en sortir) et ceux sans ampleur, forme, à la limite de la dysphorie dans The Firm. A l'heure où les séries tentent de se diversifier et accorder de la subtilité et de la profondeur à leurs personnages, NYC 22 et The Firm prennent à contre pied cette tendance et s'en tordent les chevilles. Les protagonistes sont dignes d'une série extirpée des années quatre-vingts dix sans sans en atteindre ne serait ce que le petit orteil. Regarder NYC 22 vous fera penser instantanément à Third Watch (New York 911), tant la maniere d'exposer les personnages est similaire, le peu de noirceur que possédait Third Watch en moins. On est loin de l'austérité et la froideur cinglante d'un Law and Order et encore plus éloigné de la brutalité et la mélancolie d'un NYPD Blue. Le cop-show est devenu, depuis les années 2000, un terrain miné où il s'avère ardu de faire la différence surtout suite à l'apparition de The Wire ou encore Southland, qui même si leur diffusion s'effectue sur des chaînes câblées, font offices de références ; retourner vers les années quatre-vingt dix n’apparaît pas alors comme une manœuvre pertinente.




pourquoi, POURQUOI !

Mais le bât ne blesse pas qu'au niveau du pitch, la réalisation influe aussi beaucoup sur l'aspect nineties de ces séries et ce surtout pour The Firm. En lisant le pitch de cette dernière je ne vous cache pas que j'étais fortement emballé : un legal drama mélangé à une théorie du complot, tout pour me plaire en somme. La deception ne fut que plus grande lors du visionnage des premiers épisodes : rythme lent, filtre de caméra bleu qui rend la narration encore plus froide et figée, jeu d'acteur moyen et peu crédible dû certainement à une direction maladroite. Le pire étant l'absence de pression psychologique, aucun glauque ne ressort de ce visionnage ce qui lors d'un traitement de théorie du complot est quasi nécessaire. Bref, un désastre. On s’ennuie tout du long, on regarde sa montre et on se demande comment un réalisateur réussi l'exploit de rendre Trifia Helfer, ancien Numero Six dans Battlestar Galactica, aussi peu angoissante et sans sex-appeal. Du coup quitte à lire un article qui n'apportera que des déceptions, à la fois sur l'absence de découverte de nouvelles séries intéressantes et sur le manque de sexytude de Tricia Helfer, je compense et rend justice à Numéro Six avec un instant plaisir des yeux. Oui, je suis magnanime (et mégalo). 





Amertume et déception donc. Espérons que la fournée 2012/2013 qui nous attend sous peu fasse mieux, vraiment espérons.


Allahaısmarladık !

N. polyvalent des bras


vendredi 27 avril 2012

Critique Pilot : Magic City - Mafia à Sexyland

A ne pas confondre avec Dallas, s'il vous plait

Ça vaut son hôtel de passe à proximité de la gare SNCF
Récemment, nous avons reçu une bonne nouvelle : Starz, la chaîne choupi qui a enfanté Boss en début de saison, allait diffuser un nouveau drama intitulé Magic City.

L'action de Magic City se situe au 31 décembre 1958, à Miami : l'avenir du Miramar Plage, le complexe hôtelier le plus bling-bling du coin, est remis en question par de sérieuses manifestations de grévistes. Le propriétaire de l'hôtel, Ike Evans, est rapidement contraint de se tourner vers la mafia locale pour remédier à la situation : en ce soir de Saint Sylvestre, Frank Sinatra himself est attendu au Miramar et Ike ne peut pas se permettre d'avoir des dizaines de manifestants en colère aux portes de son hôtel.






Magic City est une série formidable pour tout un tas de raisons ; la première étant (désolée...) LA PAIRE DE BEAUX GOSSES qui jouent les rôles principaux, Jeffrey Dean Morgan et Steven Strait. Oui, oui, il y a John Winchester dans cette série.








Il y a aussi une paire de belles gosses, d'ailleurs. Pas de jaloux. 








Je me suis sentie obligée d'amorcer cette critique par ce point que d'aucuns considèreront trivial parce que les commentaires jusque là suscités par Magic City négligeaient bien trop le casting pour s'adonner à une comparaison avec ma bien-aimée Mad Men, alors que le casting est composé de gens très beaux qui jouent très bien. Mad Men, pour ceux qui ne connaissent pas, est un drama d'AMC consacré aux publicitaires des années 60, "quand les hommes étaient des hommes et que les femmes portaient des jupes". Rien d'engageant peut-être, mais Mad Men s'est révélée au cours de cinq saisons composer un tableau exceptionnel des sixties, porté avant tout par son protagoniste Don Draper, l' "ad man" le plus couru de Madison Avenue. Si les comparaisons entre Magic City et Mad Men vont bon train, c'est parce que les deux séries partagent la beauté de l'image, le cadre des années soixantes qui en fait rêver plus d'un mais surtout ce protagoniste fort : le mystérieux brun, très charismatique et séducteur, un self made man complètement intoxiqué à la cigarette et au whisky. Cependant, le parallèle doit s'arrêter là : Magic City se déroule à Miami, qui est un peu à New York ce que Cannes est à Paris et tout y est plus clinquant, plus coloré : les gens sont dévêtus, roulent en décapotable...la chaleur exacerbe les tensions, elle désinhibe et là où les personnages de Mad Men souffrent d'une cruelle absence de communication, les gens peuplant le Miramar Playa sont sanguins, imprévisibles. Magic City se pare ainsi d'une atmosphère dangereuse également inédite : le rôle de la pègre est suffisamment important pour que le générique et l'opening scene de la série s'en fassent l'écho, dévoilant un océan de cadavres sous le faste de la plage.


Enfin, la gestion du Miramar est réellement une affaire de famille : tous les proches d'Ike Evans ont un rôle et à jouer dans les affaires qui concernent directement l'hôtel tandis que leurs vies personnelles apportent d'autres enjeux. Le pilote visionné, il ne fait aucun doute que le scénario d'origine sera développé de maintes ramifications.
Preuve, s'il en fallait une, de la confiance que Starz place en Magic City, le pilote n'était pas diffusé qu'une seconde saison avait déjà été commandée. C'est certainement un excellent choix, car si Magic City requiert un petit temps d'adaptation -elle est un brin plus subtile que Scandal- elle reste une excellente découverte et ravira tous les amateurs de vintage et de mafia à sexy land.

W.

mardi 24 avril 2012

Critique Pilot - The Client List : Les putes au pays des poneys qui chient des arcs en ciel aka Lifetime

La robe blanche de Ghost Whisperer ne suffisait plus pour relancer la carrière de Jennifer Love Hewitt, il fallait dégainer carrément les BOOBS.

Minou I want to kill myself with a bullet
 right in my head coz it's so full of crap
 qu'on dirait Josephine l'ange gardien
Dans la vie il y a des moments du quotidien qui vous horripilent : un mec qui vous barde votre place de parking juste devant votre nez terrestre, le voisin qui fait péter Lady gaga à fond à 5 heures du matin ou encore les gens qui n'aiment pas le bleu, ces inconscients.
Dans la vie il y a aussi des faits qui vous rendent hystérique : lorsque votre gentil et si mignon minou aka EL DIABLO, décide de souiller votre couette car il la trouve étrangement plus confortable et soyeuse que sa littière ; lorsque vous expliquez pour la cent-cinquantième fois à votre classe de seconde que la problématique d'une composition se situe à la fin de l'introduction et non au début et que sur quarante copies  vous vous retrouvez avec trente-neuf dont la problématique trône fièrement et en vous narguant AVANT l'introduction ou encore lorsque vous décidez de vous hasarder sur un épisode de la saison 3 de The Vampire Diaries  et que vous, maladroitement, explosez votre pc contre le mur.

Il y a tout cela et il y a Jennifer Love Hewitt.

Une robe blanche, des fantômes et une myriade de fans qui ont mauvais gout, la bonne recette pour  se taper 5 saisons de Ghost Whisperer.

Non contente de nous avoir pété les roubignoles pendant cinq saisons dans Ghost Whisperer à se balader à moitié à poil dans sa robe blanche estivale au milieu de son patelin en carton pâte digne d'un disney village et non d'une bourgade du fin fond du trou du cul des amériques (la localisation précise de la ville de la série fait d'ailleurs débat ici comme quoi il y a des gens qui sont prêts à tout pour renifler l'entre sein de JLH), elle revient au sommet de son art dans The Client List. Comme si tout cela ne suffisait pas la série est produite et diffusée sur la chaîne Lifetime dont le sérieux, le réalisme et la profondeur de ses shows ne sont plus à démontrer surtout si vous êtes afficionados de guimauve, d'arcs en ciel et de nuages en forme de petites girafes qui se font des câlins. La chaîne a fait d'ailleurs l'objet d'un running gag dans 2 Broke Girls dont je vous laisse savourer quelques morceaux choisis.






Le nouveau bébé de Lifetime s'attarde sur les mésaventures d'une mère de famille, Riley Parks, sans emploi et masseuse de formation dont la famille subit des difficultés financières. Riley comme par miracle croise au service voiturage d'un grand restaurant où elle venait de manger du haut de sa pauvreté, une buddy masseuse qui sillonne les rues du patelin de la série au volant d'un coupé sport rouge flambant neuf et qui lui tint à peu près ce langage : "Ma cocotte chérie, t'es en manque de blé ? Te kass (oui, la pote est marseillaise, c'est sur) il se trouve qu'on cherche quelqu'un la où je travaille et tu corresponds parfaitement au profil !". Riley en souille sa dernière culotte valable de joie, et se jette, évidemment, sur l'occasion.


"Moi quand je serai grand je veux devenir MAS-SEU-SE"

En tant qu’héroïne pas naïve du tout, Riley ne se doute pas qu'un simple taf de masseuse ne paye en rien une voiture de sport, une paire de Louboutin ou encore un parachute doré estampillé 2007-2012, mais que du coup il lui faudra user beaucoup plus de l'ensemble des orifices de son corps que d'huile parfumées à la vanille ; en d'autres termes, le salon de massage est en réalité une façade qui permet à des jeunes ou moins jeunes filles de vendre leurs services intimes. Outrée autant que votre grande tante Marie-Chantal lors de sa première sodomie,  Riley refuse immédiatement mais c'était sans compter son retour au domicile familial : ROULEMENT DE TAMBOUR son mari l'a quittée et elle se retrouve avec deux marmots sur le dos à élever seule. Du coup, elle fait péter les dentelles Aubade, les portes-jarretelles de Dita Von Teese et les soins du corps intimes à la brésilienne et vend sa cutie aux premiers clients venus. Super culcul devient alors super tepu. Sauf que non seulement notre Riley est belle et bonne à la fois, possède des doigts de fée, mais c'est aussi une descendante directe de Freud. Bientôt, l'ensemble du salon veut consulter majoritairement la nouvelle venue car elle sait écouter et analyser les problèmes du client, Riley devient la Soeur Emmanuelle des péripatéticiennes des Etats-Unis, tout du moins du bourg perdu où elle réside.


Soeur Emmanuelle dans sa folle jeunesse (ceci n'est pas un photomontage)

Conséquemment, ses collègues de petites vertus n'embrassent pas la nouvelle venue de toute leur foi  (encore une question de trottoir tout ça). Toutefois c'était sans compter sur le pouvoir de Lifetime de tout transformer en conte de fées pour ménagère sur la compassion des comparses de Riley : en effet, lorsque cette dernière annonce à ses collègues durant une pause café, qu'elle s'est fait larguer comme une vile chaussette et qu'elle assume seule sa marmaille à la maison, elles rangent leurs sacs à main lestés de vibromasseurs en marbre (plus pratique pour l'autodéfense lors des coups de sac à main), rangent leur couilles et boules dans leur string à paillettes et arborent des moues pleine de bisounours, herpes et syphilis. 
Toutes ces (passionnantes) péripéties passées il faut bien une chute, oui, il faut bien. Alors que Riley est en train de meuler outrageusement le frère de son mari (elle perd pas de temps, rappelons que de coincée du cul elle est devenue prostituée/Catwoman/psychologue/mannequin-pour-Aubade/barista professionnel/super-mère-de-famille-célibataire) elle reçoit un coup de fil de Kyle, son mari. Ici se trouve le fil rouge de TOUTE la saison, l'ensemble sera certainement entrecoupé de scènes où Riley répare des couples à force de dialogue dans les chambres de massage - oui, car c'est l'un des dénouements du pilot : notre héroïne rabiboche un mariage en discutant longuement avec son client avec qui, évidemment, elle ne couche pas.

Alors que l'ensemble de la télévision et du cinéma s'acharne depuis quelques années à dépeindre la condition réelle de la prostitution à savoir un univers plutôt âpre et ardu pour ne pas dire cauchemardesque, The Client List prend le pari d'aller à contre pied de tout cela en nous décrivant une vie finger in the nose des péripatéticiennes américaines, l'ensemble de la profession doit être ravi. En effet, les petites n'ont aucun traumatisme psychologique, ni de problèmes à assumer leur condition, ni de problèmes d’hygiène et possèdent une mère maquerelle souriante, polie et choupi échappée directement d'un épisode de Petit Poney.


Une manifestation de prostitués suite à la diffusion du pilot de The Client List

Cette incohérence générale mise à part, il est important de s'attarder sur quelques petits WTF (What The Fuck) qui ponctuent l'épisode pilot.

WTF 1 : La tenue de Jenifer Love Hewitt


Depuis quand le t-shirt roulé sur les seins est-il revenu à la mode ?

WTF 2 : La clientèle du salon


Depuis quand la totalité des clients d'une prostituée ressemble à une foule échappée d'un Abercrombie Shop ?

WTF 3 : Les jardiniers du blède pourri où Riley vit.

Depuis quand votre beau-frère vient tondre la pelouse au débotté et à moitié à poil ? (surtout que s'il avait voulu être vraiment utile il aurait pu faire le ménage, les courses, la popote, le repassage, non il préfère tondre la pelouse, déjà tondue, torse nu)

WTF 4 : Les réactions de Riley

Depuis quand, quand vous êtes bonne, jolie et célibataire et qu'un mec gaulé comme ça tond votre pelouse vous foyez pas avec ?

WTF 5 : Qu'est ce que tu fous la Adèle ?

Depuis quand Adèle de Grey's Anatomy tient un salon de massage façade ?

WTF 6 : La tenue de la mère maquerelle 

Depuis quand une mère maquerelle s'habille comme un sapin de Noël affublé d'une serpillière sur la tête?

The Client List est un manifeste pour l'euthanasie de Jennifer Love Hewitt, entre autres. Enchaînant clichés sur débilités, ridicules sur incohérences et inepties sur horreurs dignes d'un clip vidéo regroupant Justin Bieber, Lady Gaga et Roff : The Client List est inaudible, invisionnable et suscite une dérangeante envie de gerber sa race. 
En somme, je vous conseille de suivre la voie d'Oedipe si vous croisez cette série : CREVEZ VOUS LES YEUX.

N. aka Gene Parmesan